Le coordonnateur politique de l'AFC/M23, Corneille Nangaa, a récemment exprimé son soutien aux pourparlers de Doha, engagés entre son mouvement et Kinshasa sous l'égide du Qatar. Selon lui, ces discussions visent à trouver une issue pacifique à la crise qui secoue l'est de la République démocratique du Congo. Nangaa a présenté son mouvement comme étant à la fois engagé dans la lutte armée et dans la recherche d'une solution politique.

Corneille Nangaa a accusé le pouvoir de Félix Tshisekedi de chercher à gagner du temps et de préparer de nouvelles actions contre son mouvement. Il a prévenu que l'AFC/M23 est prêt à tout et a affirmé que son mouvement entend maintenir son engagement dans le processus de Doha, tout en rejetant les initiatives de dialogue menées parallèlement à Kinshasa. Nangaa a considéré l'initiative de Kinshasa comme une "escroquerie" qui ne concerne pas son mouvement.

Le processus de Doha est l'une des initiatives diplomatiques en cours pour parvenir à une solution politique au conflit dans l'est de la RDC. Les déclarations de Corneille Nangaa illustrent la profondeur de la méfiance entre les différentes parties, alors que des appels sont régulièrement lancés en faveur de la tenue d'un dialogue national inclusif prenant en compte l'ensemble des composantes de la crise congolaise.

Pour Kinshasa, la crise dans l'est de la RDC est avant tout sécuritaire et résulte de ce que les autorités congolaises qualifient d'agression de la République démocratique du Congo par le Rwanda. Félix Tshisekedi conditionne notamment la participation au dialogue national à la reconnaissance de cette question par les différentes parties. Le chef de l'État inscrit les discussions avec l'AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha.

Félix Tshisekedi a déjà signé l'ordonnance portant mise en place du Comité préparatoire au dialogue national. La prochaine étape consiste désormais à désigner les animateurs de cette structure. Bien que contesté par la C64, le président de la République avait annoncé depuis août l'ouverture officielle du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État.

Selon le chef de l'État, ce processus vise notamment à s'attaquer aux causes structurelles de l'instabilité du pays. Félix Tshisekedi a ainsi marqué sa volonté de rompre avec l'approche des précédents dialogues, qu'il considère comme ayant souvent débouché sur de simples arrangements politiques. Il a insisté sur la nécessité de privilégier la construction et la consolidation de l'État.

L'une des particularités annoncées de ce dialogue réside dans son ancrage territorial. Le processus doit débuter par des consultations dans les provinces avant les assises nationales à Kinshasa. Le Dialogue national se distinguera par son ancrage territorial, avec des consultations prévues dans les 26 provinces du pays.

Key points

  • Corneille Nangaa privilégie les pourparlers de Doha et rejette l'initiative de dialogue national de Kinshasa.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.