Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) mauriciennes se sont réunies récemment à Port-Louis pour réclamer une réforme de la politique antidrogue à Maurice. Selon elles, la répression n'a pas permis d'endiguer le trafic de drogues et elles plaident pour une approche différente. Les ONG, dont AILES, CUT, le Centre de Solidarité, CURE, CLAIM, DRIP, Pils et Rwana Bizin Lega, estiment que la politique actuelle ne permet pas de répondre efficacement au problème de la drogue.

Nicolas Ritter, de Passage Projects, a souligné que la répression n'a pas permis d'endiguer la prolifération des drogues à Maurice. Il estime qu'une réponse doit être apportée à cette situation, notamment en réduisant les risques liés à la consommation de substances psychoactives. Selon lui, un changement de politique antidrogue constituerait un véritable test démocratique si les autorités franchissaient ce pas.

Les ONG demandent également la publication du rapport de la National Agency for Drug Control (NADC) sur le cannabis, qui a été remis au Bureau du Premier ministre il y a quelques semaines. Nicolas Ritter souligne les attentes de la population face à l'absence de réponse sur la problématique des drogues, en particulier celle du cannabis. Il souhaite que les recherches menées et les positions formulées par la NADC soient rendues publiques.

Les ONG contestent par ailleurs l'efficacité de la criminalisation de la consommation de drogues. Selon elles, sanctionner l'usage d'une substance, y compris le cannabis, n'empêche pas le trafic et contribuerait au contraire à l'alimenter. Nicolas Ritter affirme que les produits disponibles sont plus puissants et peuvent être contaminés par d'autres substances dont la provenance est douteuse.

Selon Nicolas Ritter, les profits générés par le trafic de drogues alimentent le marché illégal et l'économie souterraine, tout en favorisant la corruption. Il estime qu'une légalisation permettrait de reprendre le contrôle de ce marché. Pour lui, légaliser, c'est reprendre le contrôle. Les ONG souhaitent également être associées aux discussions et aux réflexions autour d'un éventuel projet de loi sur la question.

La dépénalisation du cannabis ne résoudrait pas à elle seule le problème, mais pourrait en diminuer l'influence, selon Nicolas Ritter. Il souligne que les attentes de la population sont grandes face à l'absence de réponse sur la problématique des drogues. Les ONG estiment que la politique antidrogue concerne l'ensemble des Mauriciens et qu'ils devraient être associés aux discussions.

Les représentants des ONG ont fait part de leurs positions sur la politique actuelle et ont plaidé pour une approche différente. Ils estiment que la loi est là pour protéger les gens, mais qu'ils ne voient aucune efficacité dans la criminalisation des consommateurs. Les ONG attendent maintenant une réponse des autorités mauriciennes à leurs revendications.

Key points

  • Les ONG mauriciennes réclament une réforme de la politique antidrogue et la publication du rapport sur le cannabis.
  • La criminalisation de la consommation de drogues est contestée par les ONG.
  • Les ONG souhaitent être associées aux discussions sur un éventuel projet de loi sur la question.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.