L'Organisation des Nations Unies (ONU) a publié deux rapports qui alertent sur les conséquences "irréversibles" d'un réchauffement planétaire supérieur à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Les régions de la planète caractérisées par la présence de neige, de glace et de sols gelés, appelées cryosphère, seront particulièrement touchées. Les conséquences seront multiples, notamment la fonte des glaciers et de la banquise, le dégel du permafrost et la montée accélérée du niveau des mers.
Les scientifiques soulignent que certains impacts sont déjà visibles, comme la disparition de 20% de la masse glaciaire en Suisse. Le réchauffement planétaire atteint déjà 1,37°C par rapport à l'ère pré-industrielle et pourrait dépasser 1,5°C vers 2030, selon le réseau européen Copernicus. Les auteurs des rapports estiment que "pour limiter les dégâts liés à la perte de glace dans les régions polaires et montagneuses du globe, les températures doivent être ramenées bien en dessous de 1,5°C aussi rapidement que possible".
Les risques de franchir certains points de basculement sont également évoqués, avec des conséquences dévastatrices en cas de dépassement du seuil de 1,5°C. Même en cas de retour sous 1,5°C, "la récupération sera très lente", notamment pour les calottes glaciaires. Les scientifiques avertissent que "chaque fraction de degré supplémentaire et chaque année passée au-delà de ce seuil entraînera des conséquences plus dévastatrices".
Cependant, certains glaciers pourraient se reconstituer partiellement si le réchauffement planétaire revient rapidement sous un seuil de 1,5°C en moyenne, voire 1°C. La banquise arctique pourrait également en bénéficier. Mais les scientifiques soulignent que le calendrier de cette reconstitution est très loin d'être linéaire par rapport à celui du déclin.
Le deuxième rapport montre qu'un dépassement de 2,8°C, qui se prolongerait au siècle prochain, aurait des conséquences considérables. Le niveau des mers pourrait ainsi augmenter jusqu'à 5 cm par an d'ici 2150, contre 0,45 cm actuellement. La fonte du permafrost pourrait par ailleurs libérer autant de CO2 chaque année que les États-Unis, deuxième plus gros pollueur mondial, en émettent actuellement.
Les scientifiques estiment que "des ambitions politiques suffisantes et immédiates", notamment en matière de réduction des énergies fossiles, "peuvent encore réduire significativement les dommages à la cryosphère et leurs conséquences" sur les populations et la planète. Les décisions prises au cours des prochaines années détermineront l'ampleur des dégâts.
Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà visibles, avec des événements extrêmes comme le "tsunami des montagnes" au Népal, qui a fait plus de 1.500 morts et 5.000 disparus en août. Les scientifiques attribuent cet événement au réchauffement climatique et soulignent que "la tragédie au Népal n’est qu’un avant-goût" de ce qui pourrait se produire à l'avenir.
Key points
- Les conséquences "irréversibles" d'un réchauffement planétaire supérieur à 1,5°C sur les glaciers et la banquise.
- La nécessité d'une action rapide pour limiter les dégâts liés à la perte de glace dans les régions polaires et montagneuses du globe.
- Les risques de franchir certains points de basculement avec des conséquences dévastatrices en cas de dépassement du seuil de 1,5°C.