Un deuil national a été décrété au Congo après le crash aérien du 25 septembre qui a coûté la vie au lieutenant-général Joseph Mutombo, premier président de la Haute Cour militaire, au lieutenant-général Lucien-René Likulia, Auditeur général des FARDC, ainsi qu'à plusieurs membres de leur délégation. L'appareil de Tracep Congo Aviation, de retour d'une mission à Kikwit, s'est écrasé dans la province du Kwango. Le gouvernement a suspendu le certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation et immobilisé ses appareils pendant la durée des investigations.
L'ancien ministre des Travaux publics, Kimbembe Mazunga, a récemment témoigné sur l'histoire de la piste de Kenge, où l'accident s'est produit. Selon son témoignage, il s'était rendu à Kenge en 2002, alors qu'il était membre du gouvernement, pour inspecter les travaux d'aménagement de l'aérodrome. La piste mesurait alors environ 900 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur. L'ancien ministre se souvient d'une infrastructure appelée à jouer un rôle dans le développement de Kenge.
Kimbembe Mazunga affirme avoir ensuite suivi l'évolution du site et avoir constaté que la piste avait été dégradée, notamment sous l'effet de l'érosion. Il dit avoir également remarqué que l'emprise de l'aérodrome avait été morcelée et transformée en parcelles destinées à l'habitation. C'est cette transformation de l'espace initialement réservé à l'infrastructure qui constitue aujourd'hui l'un des principaux points soulevés par l'ancien ministre.
L'ancien ministre évoque par ailleurs des informations selon lesquelles la piste aurait continué à être utilisée, y compris dans certaines circonstances nocturnes. Des appareils, notamment ceux de missionnaires, auraient ainsi continué à y atterrir. Faute d'équipements modernes, des équipes au sol auraient utilisé des feux rudimentaires pour baliser la piste et faciliter les opérations.
Le témoignage de Kimbembe Mazunga intervient toutefois dans un contexte où la plus grande prudence s'impose. Rien, dans les éléments rapportés, ne permet à ce stade d'établir un lien de causalité entre l'état de l'aérodrome et le crash du 25 septembre. Seule l'enquête peut déterminer les circonstances exactes de l'accident.
Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, avec mise en berne des drapeaux jusqu'à l'inhumation des victimes. Les enquêteurs doivent désormais établir les faits et déterminer les causes de l'accident. L'histoire racontée par Kimbembe Mazunga ne constitue pas une conclusion sur le crash, mais remet simplement sur la table l'histoire d'une piste, son évolution et les transformations de son environnement.
Au-delà de l'émotion, le drame pose une question essentielle : celle de la capacité de l'État à préserver, entretenir et protéger dans la durée les infrastructures publiques stratégiques. À Kenge, la République pleure ses morts. Les enquêteurs doivent désormais établir les faits et déterminer les causes de l'accident pour que justice soit rendue.
Key points
- L'enquête sur le crash aérien de Kenge doit déterminer les circonstances exactes de l'accident.
- L'état de l'aérodrome de Kenge a évolué au fil des ans, avec des transformations qui soulèvent des questions sur la sécurité.
- Le gouvernement a décrété un deuil national et suspendu le certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation.