L'activiste Clovis Mutsuva Kakule est toujours détenu depuis son arrestation le 18 juillet dernier à Beni. Son dossier suscite de nouvelles inquiétudes, notamment en raison des poursuites engagées contre lui pour « propagation de faux bruits » et « apologie ou propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». L'Actions pour la justice, le développement et les droits humains (AJDDH) dénonce la prolongation de sa détention.

Le coordonnateur provincial de l'AJDDH, Jacques Issongo, a signé un communiqué dans lequel il exprime ses inquiétudes quant aux conditions d'exercice des libertés publiques, notamment lorsqu'elles concernent des personnes connues pour leurs prises de position critiques. Selon lui, le contexte de la procédure et les prises de position publiques de Clovis Mutsuva « peuvent apparaître comme une tentative de faire taire une voix critique » et de réduire davantage l'espace civique à Beni.

L'AJDDH insiste sur les garanties dont bénéficie tout prévenu, notamment la présomption d'innocence, le droit à la défense et le droit à être jugé dans un délai raisonnable, conformément à la Constitution et aux instruments internationaux relatifs aux droits humains. L'organisation s'inquiète également de la situation sanitaire de Clovis Mutsuva, qui s'est dégradée pendant sa détention, entraînant son transfert vers une structure hospitalière le 11 août 2026.

Alors que la détention se prolonge, l'AJDDH appelle les autorités judiciaires compétentes à clarifier l'évolution de la procédure et à garantir le respect des droits du détenu. Elle demande notamment que la procédure soit conduite avec diligence et transparence, que Clovis Mutsuva bénéficie pleinement de ses droits de la défense et d'une prise en charge médicale adéquate.

Les autorités ont été appelées à communiquer sur le fondement légal et l'évolution de sa détention. L'AJDDH demande enfin sa libération si les conditions légales de son maintien en détention ne sont plus réunies. Pour l'organisation, la lutte contre l'insécurité et la protection de l'ordre public ne doivent pas se faire au détriment des libertés fondamentales et de l'espace civique.

Selon Issongo, les critiques envers les autorités et les politiques publiques doivent pouvoir s'exprimer pacifiquement et dans le respect de la loi. L'AJDDH souhaite que les autorités judiciaires compétentes prennent en compte ces éléments et agissent en conséquence pour garantir les droits de Clovis Mutsuva.

L'affaire Clovis Mutsuva suscite des réactions au sein de la société civile et des organisations de défense des droits humains en République démocratique du Congo. Plusieurs organisations, dont l'Association congolaise des femmes journalistes de la presse écrite, se sont mobilisées pour soutenir les détenus et les journalistes victimes de poursuites judiciaires.

Key points

  • L'activiste Clovis Mutsuva est détenu depuis le 18 juillet 2026 pour « propagation de faux bruits » et « apologie ou propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.