L'homme d'affaires malien Cessé Komé a annoncé son intention d'investir 26 milliards de F CFA dans la construction d'une minoterie en Côte d'Ivoire. Ce projet, qui en est à ses débuts, a franchi une première étape institutionnelle avec une rencontre entre Cessé Komé et la directrice générale du Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire, Solange Amichia. Les discussions ont porté sur les conditions nécessaires à la réalisation de l'unité industrielle.

Le projet de minoterie de Cessé Komé intervient dans un contexte de demande croissante de farine en Côte d'Ivoire. La consommation de blé dans le pays est passée de 580 000 tonnes en 2022/2023 à 777 000 tonnes en 2025/2026, soit une progression de 34 %. Les projections pour 2026/2027 atteignent environ 806 000 tonnes. Cette dynamique est portée par l'urbanisation, l'évolution des habitudes alimentaires et le développement du secteur de la boulangerie.

La Côte d'Ivoire constitue une plateforme stratégique pour le projet de minoterie de Cessé Komé. Le pays est une importante porte d'entrée et de redistribution des marchandises vers l'Afrique de l'Ouest. Les réexportations ivoiriennes de blé et de produits dérivés ont atteint 65 034 tonnes en 2024/2025, contre 55 172 tonnes l'année précédente. Le Burkina Faso est le principal marché pour ces exportations.

Cessé Komé n'arrive pas sur un terrain vierge avec son projet de minoterie. La filière minotière ivoirienne compte déjà des opérateurs établis, tels que Les Grands Moulins d'Abidjan, Les Moulins de Côte d'Ivoire et Les Moulins Modernes de Côte d'Ivoire. Le secteur est donc structuré et les investissements s'y multiplient.

Le projet de Cessé Komé représente une nouvelle étape dans la diversification de ses activités. L'homme d'affaires, qui est surtout associé au commerce et à l'hôtellerie haut de gamme, s'intéresse désormais à une activité industrielle directement liée à l'alimentation. Cette évolution n'est pas anodine, car une minoterie exige une autre maîtrise des approvisionnements, du stockage, de la logistique et des coûts énergétiques.

Pour Cessé Komé, le défi sera double. Il faudra d'abord concrétiser les 26 milliards annoncés, puis trouver sa place dans une industrie où certains concurrents disposent déjà d'une expérience importante. Le projet de minoterie devra notamment composer avec une donnée incontournable : le blé sera importé.

Le parcours de Cessé Komé est l'un des aspects les plus singuliers de son histoire. Derrière le projet industriel, il y a un homme dont l'itinéraire discret est marqué par une ascension remarquable dans le monde des affaires.

Key points

  • Cesse Kome investit 26 milliards F CFA dans une minoterie en Côte d'Ivoire.
  • La demande de farine en Côte d'Ivoire est en croissance.
  • Le projet de minoterie de Cessé Komé vise à diversifier ses activités et profiter de la demande croissante de farine.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.