Une étude menée par le centre de recherche interdisciplinaire sur les langues, les littératures, l’histoire, les arts et les cultures (CRELIHAC) de la Fondation Konrad-Adenauer a recommandé une meilleure anticipation des problèmes potentiels liés au retour des populations déplacées en Casamance. Cette étude a été menée en lien avec l’accalmie observée depuis quelques années dans cette région en proie à un conflit armé déclenché en décembre 1982.

L'étude, dont les résultats ont été présentés lors d'un forum à Ziguinchor, vise à anticiper les problèmes liés au retour des déplacés et des réfugiés en Casamance. Selon Paul Diédhiou, un des auteurs de l’étude et enseignant-chercheur à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, l'objectif est de comprendre les problèmes liés au retour des populations déplacées.

M. Diédhiou a souligné que le départ des populations lié au conflit a engendré des problèmes, de même que leur retour. Les populations des zones encore affectées par le conflit doivent sentir davantage l'accompagnement de l’État, a-t-il ajouté. L'étude a diagnostiqué plusieurs problèmes, dont celui lié à l’accompagnement de l’État, la discontinuité du financement et le problème lié à l’état-civil.

Le problème de l'état-civil est particulièrement préoccupant, car de nombreux enfants nés en exil n'ont pas d'extrait de naissance. L’État avait initié les audiences foraines pour résoudre ce problème, mais la première édition n'a pas connu de réussite. Cependant, une seconde vague d’audiences foraines a été mise en place dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance, qui semble être plus concluante que la première.

La Casamance est le théâtre de l’un des plus vieux conflits d’Afrique, séparée du nord du Sénégal par la Gambie. Les indépendantistes du MFDC y ont pris les armes après la répression d’une marche par les pouvoirs publics sénégalais en décembre 1982. Le conflit a fait des milliers de victimes et ravagé l’économie de cette partie du pays.

Depuis plusieurs années, le conflit ne cesse de baisser d’intensité. En 2020, l’armée sénégalaise a mené des opérations d’envergure pour “neutraliser” les bases rebelles et faciliter le retour des personnes déplacées à leur lieu d’habitation. Les résultats de l'étude du CRELIHAC visent à contribuer à une meilleure compréhension des défis liés au retour des déplacés en Casamance.

Les populations de Casamance attendent avec intérêt la mise en œuvre des recommandations de l'étude pour améliorer leur situation. Les résultats de cette étude seront utiles pour les autorités sénégalaises et les organisations internationales qui œuvrent pour la paix et le développement dans la région.

Key points

  • L'étude du CRELIHAC recommande une meilleure anticipation des problèmes potentiels liés au retour des populations déplacées en Casamance.
  • Le retour des déplacés et des réfugiés en Casamance pose plusieurs problèmes, notamment l'accompagnement de l’État, la discontinuité du financement et le problème lié à l’état-civil.
  • La seconde vague d’audiences foraines mise en place dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance semble être plus concluante que la première pour résoudre le problème de l'état-civil.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.