Le cancer de la prostate est une maladie qui soulève de nombreuses interrogations au Tchad et partout dans le monde. Selon le Dr Manikassé Palouma, médecin gynécologue-obstétricien, cette maladie apparaît lorsqu’une cellule subit une modification de son noyau et échappe aux mécanismes qui contrôlent normalement sa multiplication. Les cellules anormales se multiplient alors de façon désordonnée et peuvent envahir les tissus voisins. Le Dr Palouma précise que ce mécanisme fondamental est commun à plusieurs cancers.

Le cancer de la prostate est fréquemment asymptomatique à ses débuts. Les signes apparaissent généralement lorsque la tumeur grossit ou comprime les voies urinaires. Les symptômes peuvent inclure des difficultés à uriner, des envies fréquentes d’uriner, y compris plusieurs fois pendant la nuit, la présence de sang dans les urines, appelée hématurie, ou une rétention urinaire. Cependant, le Dr Palouma insiste sur le fait que ces symptômes ne signifient pas automatiquement la présence d’un cancer.

Le diagnostic du cancer de la prostate commence par un interrogatoire et un examen clinique. L’urologue peut notamment réaliser un toucher rectal afin d’évaluer la taille, la consistance et le contour de la prostate. Le dosage sanguin du PSA constitue également un examen important. Le PSA est une substance produite par la prostate. Son taux peut augmenter en cas de cancer, mais aussi lors d’une infection ou d’un agrandissement bénin de la glande.

Des facteurs de risque ont été identifiés pour le cancer de la prostate. Les hommes noirs présentent un risque plus élevé de développer un cancer de la prostate. L’obésité constitue également un facteur de risque. Le Dr Palouma recommande de limiter la consommation régulière de viande rouge et de viande grillée ou carbonisée, d’éviter le tabac et de réduire une consommation excessive d’alcool.

Le Dr Palouma évoque également l’importance d’adopter une alimentation plus équilibrée et d’assurer un suivi médical, particulièrement chez les hommes ayant des antécédents familiaux. Les éjaculations fréquentes ont été associées à un risque plus faible de cancer de la prostate, selon des travaux menés à Harvard. Une fréquence d’éjaculation d’au moins 21 fois par mois est associée à un risque plus faible de cancer de la prostate.

Cependant, le Dr Palouma insiste sur le fait que la fréquence des éjaculations ne remplace ni le suivi médical ni l’adoption d’un mode de vie sain. Les troubles urinaires chez un homme, surtout après 60 ans, doivent conduire à une consultation médicale. Un bilan médical adapté permet de distinguer les différentes causes et de prendre en charge précocement une éventuelle pathologie.

Le Dr Palouma conclut qu’il faut d’abord étayer le diagnostic par un professionnel de la santé. Les hommes doivent être conscients des risques et des symptômes du cancer de la prostate et prendre les mesures nécessaires pour prévenir et détecter cette maladie à un stade précoce.

Key points

  • Le cancer de la prostate est une maladie silencieuse qui nécessite une attention particulière.
  • Les éjaculations fréquentes ont été associées à un risque plus faible de cancer de la prostate.
  • Un bilan médical adapté permet de distinguer les différentes causes et de prendre en charge précocement une éventuelle pathologie.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.