Le biodigesteur, une technologie innovante, a été présenté récemment à Duékoué, en Côte d'Ivoire, comme une solution concrète pour réduire l'utilisation du bois de chauffe, améliorer les conditions de travail des productrices d'attiéké et contribuer à la protection de l'environnement. Cette technologie permet de produire du biogaz et du fertilisant organique à partir de matières biodégradables. L'Agence ivoirienne de presse (AIP) a eu l'occasion de découvrir le fonctionnement de cette technologie lors d'une visite de terrain organisée à Bohoussoukro.
Le biodigesteur permet de valoriser les déchets organiques pour produire de l'énergie et du biofertilisant, tout en réduisant le recours aux ressources forestières. Selon l'ingénieur en techniques agricoles à CARE International, N'Guessan Marius, le biodigesteur produit à la fois du biogaz, principalement composé de méthane, destiné notamment à la cuisson de l'attiéké, et du digestat pouvant être utilisé comme fertilisant organique. Le processus commence par l'alimentation de la fosse avec des matières organiques biodégradables.
Le mélange est ensuite acheminé vers un dôme où se déroule la fermentation. Sous l'action de bactéries et à une température favorable, comprise généralement entre 30 et 40 degrés Celsius, la matière organique produit du biogaz qui est ensuite stocké dans une bâche reliée au dôme par un tuyau. Les femmes peuvent facilement allumer les brûleurs installés à côté pour que le surpresseur puisse extraire le biogaz vers les brûleurs.
Les responsables des coopératives et les associations de femmes de Bohoussoukro ont exprimé leur satisfaction à l'égard du dispositif, dont elles disent percevoir les effets sur leurs conditions de travail et leurs revenus. Elles ont notamment évoqué la réduction de la corvée de bois, la diminution de leur exposition à la fumée lors de la cuisson de l'attiéké et la baisse des coûts de production grâce à l'utilisation du biogaz.
Le secrétaire exécutif de l'Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l'Ouest et du Centre (AB-AOC), Dr Mourima Maï Moussa, a estimé que cette expérience illustre l'intérêt d'une généralisation de la technologie en Côte d'Ivoire. Il a appelé à la ratification par le pays de la convention de l'AB-AOC pour mettre en place un programme national structuré et mobiliser des financements.
La porte-parole de la délégation des parlementaires, Salimata Dembélé épouse Diarra, a estimé que la technologie apporte une réponse aux enjeux de développement local, de transition énergétique, de protection de l'environnement et d'amélioration des conditions de vie. Le préfet de la région du Guémon, Jean-Marie Vianney Addoh Tano, a salué une technologie qui permet de transformer les déchets et déjections animales en énergie.
Le directeur des productions animales et point focal national de l'AB-AOC en Côte d'Ivoire, Dr Christian Tré Bi, a indiqué que la prochaine étape demeure la ratification de la convention, qui devrait permettre à la Côte d'Ivoire de bénéficier de financements, d'appuis techniques et d'une coopération sous-régionale accrue pour développer la filière du biodigesteur.
Key points
- Le biodigesteur permet de produire du biogaz et du fertilisant organique à partir de matières biodégradables.
- La technologie réduit l'utilisation du bois de chauffe et améliore les conditions de travail des productrices d'attiéké.
- La Côte d'Ivoire est appelée à ratifier la convention de l'AB-AOC pour généraliser la technologie.