Plusieurs mois après l'expulsion de près de 500 familles de Vridi Plage en juin 2026, le conflit foncier connaît un nouveau rebondissement. Le collectif des anciens habitants accuse des particuliers de poursuivre des travaux d'aménagement et des opérations de commercialisation sur les terrains contestés, malgré une procédure judiciaire en cours.
Les anciens habitants de Vridi Plage dénoncent la poursuite d'activités sur les terrains qu'ils occupaient depuis plusieurs décennies. Ils mettent en cause la régularité des opérations engagées sur le site. Abdoulaye Banse Karamoko, porte-parole du collectif des déguerpis, a exprimé le mécontentement des familles concernées lors d'une conférence de presse organisée le 8 novembre 2026.
Les familles déguerpies réclament l'arrêt des travaux, une enquête indépendante ainsi que leur relogement ou une indemnisation équitable. Le collectif rappelle que plusieurs familles vivaient dans ce quartier depuis les années 1950, certaines ayant travaillé pour les Travaux publics. Cette longue présence sur le site constitue, selon leurs représentants, un élément important dans la compréhension du préjudice subi.
Le 19 juin 2026, les déguerpis affirment avoir saisi le procureur de la République afin de dénoncer les conditions de leur expulsion ainsi que les irrégularités présumées entourant le dossier foncier. Selon le collectif, une enquête aurait été ouverte et serait toujours en cours. Mais cette procédure n'aurait pas empêché la reprise des activités sur les parcelles litigieuses.
Les anciens habitants soutiennent que certains particuliers continueraient de proposer les terrains à la vente. Ils signalent également l'intervention d'engins lourds sur le site les 24 et 25 octobre derniers. La démolition de la mosquée du quartier, intervenue le 26 octobre, a encore monté la tension.
Face à cette situation, les déguerpis entendent désormais obtenir une intervention directe des pouvoirs publics. Ils sollicitent notamment le président de la République pour qu'il ordonne la suspension immédiate des travaux sur les terrains contestés, dans l'attente d'une clarification judiciaire et foncière.
Le collectif n'exclut pas de porter l'affaire devant les instances judiciaires internationales si ses revendications ne trouvent pas de réponse favorable au niveau national. Il envisage notamment de saisir la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples pour faire valoir les droits qu'il estime avoir été lésés.
Key points
- Les familles déguerpies de Vridi Plage réclament leur relogement ou une indemnisation équitable.
- Une enquête indépendante est demandée pour faire la lumière sur les conditions du déguerpissement et les circonstances de la reprise des travaux.
- Les déguerpis souhaitent une intervention directe du président de la République pour suspendre les travaux sur les terrains contestés.