Le projet de loi de finances rectificative du Sénégal pour 2026 prévoit un déficit budgétaire de 7,6 % du Produit intérieur brut (PIB), contre 5,4 % initialement prévu. Les recettes sont attendues à 5 848,7 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses devraient atteindre 7 583,9 milliards. Cette nouvelle configuration des finances publiques sénégalaises a suscité la réaction de Seydou Diouf, ancien président de la Commission des finances.

Seydou Diouf a exprimé son avis sur la situation budgétaire du Sénégal lors d'une intervention à la RTS. Il estime que les arbitrages opérés par l’État doivent tenir compte du niveau de maturité et de l’urgence des projets d’investissement. Selon lui, certains investissements peuvent être différés lorsque les études nécessaires ne sont pas suffisamment avancées, contrairement à ceux présentant un caractère prioritaire.

L'ancien parlementaire accorde une place importante au traitement de la dette. Il évoque plusieurs mécanismes, notamment le rééchelonnement des échéances, le reprofilage, le moratoire ou encore le refinancement à des conditions plus favorables. L’objectif est de réduire la pression des remboursements sur les finances publiques et de préserver les marges nécessaires au financement des secteurs prioritaires, comme l’agriculture, la santé et l’éducation.

Seydou Diouf insiste sur l’importance du dialogue avec le Fonds monétaire international (FMI). Il estime que la validation de la stratégie du Sénégal pourrait faciliter les discussions avec ses différents partenaires financiers. Le FMI peut offrir des conseils et des financements pour aider le Sénégal à stabiliser ses finances publiques et à promouvoir la croissance économique.

Concernant les subventions énergétiques, portées à 790,3 milliards de francs CFA, Seydou Diouf plaide pour un meilleur ciblage des bénéficiaires. Selon lui, le niveau de soutien ne devrait pas être identique pour tous les consommateurs, quels que soient leurs niveaux de consommation. Cette orientation devrait aller de pair avec un renforcement des mécanismes de protection sociale pour les populations les plus vulnérables.

Au-delà des questions budgétaires, Seydou Diouf appelle à renforcer la place du secteur privé dans la création de richesses et d’emplois. Il estime que l’État ne peut, à lui seul, soutenir durablement l’investissement et la croissance. Pour lui, l’économie, c’est une question d’abord de confiance, et il faut restaurer la confiance dans l’espace économique sénégalais pour attirer les investisseurs.

Seydou Diouf appelle ainsi à « remettre l’économie au cœur du débat », dans un contexte où les contraintes budgétaires imposent de nouveaux arbitrages. Il estime que la création de richesses par le secteur privé doit également contribuer à élargir les recettes fiscales de l’État. Le secteur privé peut jouer un rôle clé dans la croissance économique et la réduction de la pauvreté au Sénégal.

Key points

  • Seydou Diouf appelle à préserver les capacités de l’économie sénégalaise en matière d’investissement et de croissance.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.