Le coordinateur du Groupe de recherche et d'appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), Babacar Fall, a récemment exprimé son inquiétude quant à la tournure que prennent les débats sur la transparence et la bonne gouvernance au Sénégal. Selon lui, ces discussions risquent de perdre leur substance lorsqu'elles sont influencées par des calculs politiques. Il estime que les divergences entre acteurs politiques finissent par détourner l'attention des véritables enjeux, tels que la reddition des comptes, la gestion des deniers publics et les réponses aux difficultés économiques du pays.
Babacar Fall a abordé les controverses entourant les fonds spéciaux et la réforme du code pétrolier, soulignant que les positions défendues par les différents camps peuvent sembler cohérentes prises séparément. Cependant, il déplore que la confrontation politique empêche de faire progresser le débat. Il compare la situation à un "jeu de ping-pong" et souligne que les différents protagonistes se réclament de principes relativement proches, notamment la transparence, la bonne gouvernance et la reddition des comptes.
Le coordinateur du GRADEC cite notamment les affaires Kosmos Energy et ASER, sur lesquelles il souhaite que les mécanismes de contrôle et de justice puissent aller jusqu'au bout de leurs investigations. Il rappelle avoir appris la saisine de l'Inspection générale d'État concernant le dossier Kosmos Energy et évoque, pour l'affaire ASER, l'intervention du pôle judiciaire financier. À ses yeux, ces procédures doivent permettre d'établir les responsabilités sur la base des faits et des investigations.
Babacar Fall souhaite également voir mobilisés, lorsque cela est nécessaire, les différents organes compétents en matière de contrôle, citant notamment l'Inspection générale d'État, la Cour des comptes et l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption. Il insiste sur la nécessité d'enquêtes "très approfondies, sans parti pris", afin de déterminer qui a fait quoi et, le cas échéant, d'établir les responsabilités.
Le dossier Kosmos Energy illustre, à ses yeux, la nécessité d'un examen rigoureux des faits. Il rappelle que des versions divergentes ont été avancées sur la question des sommes en jeu et sur l'existence éventuelle d'un manque à gagner pour l'État. Il cite notamment le montant de 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de francs CFA, évoqué dans le débat public, tout en relevant que les explications apportées par les différentes parties ne concordent pas.
Babacar Fall appelle toutefois à éviter la précipitation et à laisser les institutions compétentes travailler dans la sérénité. Il préconise de laisser la justice faire son travail sans pression aucune et souhaite que toutes les personnes ayant eu des responsabilités dans ces dossiers puissent être entendues. L'objectif est de permettre aux Sénégalais de connaître la réalité de la gestion de ces dossiers et, lorsque des fautes sont établies, d'en tirer les conséquences.
Au-delà de Kosmos Energy et de l'ASER, Babacar Fall replace cette exigence dans le débat plus large sur la gouvernance publique. Dans un contexte marqué par les difficultés économiques, la dette et les tensions sur les ressources publiques, il estime que la transparence et la reddition des comptes ne peuvent rester de simples engagements politiques. Il appelle finalement à faire "toute la lumière" sur les dossiers en cause, tout en laissant aux institutions compétentes le soin d'établir les responsabilités.
Key points
- Babacar Fall appelle à la transparence et à la reddition des comptes dans les dossiers Kosmos Energy et ASER.