Le ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, Aristide Médénou, a signé une lettre circulaire le 4 septembre 2026, donnant une nouvelle orientation à la commande publique. Désormais, les administrations, institutions et autres entités publiques sont tenues de privilégier l’acquisition de produits fabriqués localement dans plusieurs catégories. Cette mesure s’inscrit dans la politique nationale de promotion du « Made in Bénin » et vise à faire de la commande publique un véritable levier de développement économique.
La mesure concerne notamment les produits céréaliers, les boissons, les produits d’hygiène, les textiles, les mobiliers scolaires et administratifs ainsi que certains matériaux de construction. Le recours à un produit importé en substitution d’un produit local est désormais soumis à une autorisation préalable du ministère des Finances. Cette décision est considérée comme une bouffée d’oxygène pour de nombreuses petites et moyennes entreprises béninoises.
Pour les PME locales, l’accès aux marchés publics représente une source de revenus stable susceptible de favoriser les investissements, la création d’emplois et l’amélioration des capacités de production. Dans le secteur du mobilier scolaire, par exemple, les fabricants locaux pourraient bénéficier d’une augmentation significative des commandes destinées aux écoles et administrations publiques. Les producteurs de gari, de riz local, de jus de fruits ou encore de savon voient s’ouvrir un marché institutionnel jusque-là largement dominé par des produits importés ou des fournisseurs extérieurs.
Cependant, plusieurs observateurs soulignent que le succès de la réforme dépendra de la capacité des entreprises locales à répondre à une demande publique plus importante. Une augmentation rapide des commandes de l’État pourrait mettre sous pression certaines unités de production encore limitées en capacité industrielle. La question de la qualité, du respect des délais de livraison et de la disponibilité des produits se pose également.
Si l’offre locale n’est pas suffisamment structurée pour répondre à la demande, le risque est de voir apparaître des tensions sur certains marchés. Un risque de hausse des prix est également possible si la production ne suit pas la demande. Les consommateurs pourraient être confrontés à une hausse des prix sur les marchés, notamment dans les centres urbains où la demande demeure forte.
Pour plusieurs spécialistes, l’enjeu n’est pas de remettre en cause la préférence accordée aux produits locaux, mais plutôt d’accompagner cette politique par des mesures de soutien à la production. L’accès au financement, la modernisation des équipements, l’amélioration de la productivité et l’accompagnement technique des PME apparaissent comme des conditions essentielles pour éviter que la hausse de la demande publique ne se traduise par une flambée des prix.
La décision gouvernementale ouvre ainsi une nouvelle étape dans la promotion du « Made in Bénin ». Elle pourrait renforcer durablement le tissu économique national et offrir de nouveaux débouchés aux PME. Mais son efficacité se mesurera également à sa capacité à préserver le pouvoir d’achat des populations. Le véritable défi sera donc de faire de la commande publique un moteur de croissance sans créer de tensions sur les marchés au détriment des consommateurs.
Key points
- Le gouvernement béninois privilégie désormais l'acquisition de produits fabriqués localement pour la commande publique.
- Cette mesure vise à promouvoir le "Made in Bénin" et à soutenir les PME locales.
- Le succès de la réforme dépendra de la capacité des entreprises locales à répondre à la demande publique.