Les interventions des sapeurs-pompiers dans plusieurs localités du Bénin, notamment à Bohicon, Natitingou, Toffo et Porto-Novo, ont mis en lumière les risques liés aux ouvrages sanitaires mal sécurisés. Les rapports d'intervention se succèdent et dessinent une cartographie constante de l'effroi sous nos pieds. Des personnes, dont une fillette de deux ans, un quinquagénaire et une femme, ont été sauvées de situations périlleuses liées à des ouvrages sanitaires non sécurisés.
L'Agence béninoise de protection civile est mobilisée pour faire face à ces situations. Si les sauvetages héroïques des sapeurs-pompiers forcent l'admiration, ils soulèvent une question brûlante : jusqu'à quand compterons-nous sur le miracle des secours pour réparer un laxisme urbain généralisé ? Les fosses septiques non couvertes, les puits abandonnés et les latrines mal aménagées dans les parcelles non bâties, les cours familiales ou les chantiers peuvent présenter des risques pour les habitants.
La construction et l'entretien de ces installations nécessitent une attention particulière, d'autant que le droit béninois prévoit des dispositions engageant la responsabilité civile et pénale du propriétaire et du constructeur en cas de malfaçon. Souvent érigées par des maçons improvisés, sans dalle de béton armé adéquate, sans margelle de sécurité ni balisage, ces structures fragilisées par les pluies se transforment en pièges mortels invisibles.
Pour contrer cette faille, le Bénin dispose d'un arsenal juridique et réglementaire clair. La loi portant Code de l'hygiène publique ainsi que ses décrets d'application imposent à tout propriétaire de pourvoir son habitation de dispositifs d'évacuation des excréta conformes, interdisant formellement les ouvrages sur la voie publique. Les textes réglementaires précisent également les obligations d'entretien et de contrôle par les services d'hygiène.
Malgré la réglementation, la persistance des drames liés à l'effondrement des ouvrages sanitaires au Bénin soulève des interrogations sur le respect des règles de construction et l'efficacité des contrôles. Elle met notamment en évidence la nécessité de veiller davantage à la conformité des installations et à l'application des dispositions réglementaires en vigueur.
Le phénomène d'anarchie urbaine s'aggrave dramatiquement dans les milieux ruraux et périurbains. Dans ces zones, éloignées des contrôles rigoureux de la police sanitaire et des services techniques municipaux, l'absence de permis de construire est devenue la norme. Les propriétaires y édifient des fosses septiques et des latrines rudimentaires en ayant recours à des matériaux de récupération précaires.
Pour mettre fin à l'impunité et protéger la vie des citoyens, des sanctions exemplaires sont désormais nécessaires. La prévention ne peut plus reposer uniquement sur la bonne volonté des citoyens confrontés à des contraintes financières ou à l'ignorance des règles en la matière. Elle doit s'appuyer sur une véritable police des ouvrages sanitaires qui allie campagnes d'information de proximité et sanctions dissuasives.
Key points
- Le Bénin doit renforcer la prévention et mieux sécuriser les ouvrages sanitaires.
- Des sanctions exemplaires sont nécessaires pour mettre fin à l'impunité.
- La réglementation impose la validation préalable des plans d'assainissement et des dispositifs de couverture souterrains pour tout projet immobilier.