L'avortement est un phénomène de plus en plus présent au Bénin, avec des conséquences qui dépassent les dimensions médicales, sociales et psychologiques. Dans certaines traditions religieuses, l'avortement est perçu comme un acte susceptible d'entraîner de lourdes conséquences spirituelles. Selon le père Eustache NOBIME, prêtre et chargé de communication du diocèse d'Abomey, l'avortement est considéré par l'Église catholique comme un acte moralement mauvais et grave, toujours interdit depuis la conception jusqu'à l'accouchement.

L'Église catholique assimile l'avortement à un meurtre, celui d'un être innocent et sans défense, constituant un infanticide voire un homicide. Le père NOBIME explique que les conséquences spirituelles sont nombreuses, introduisant un désordre dans la relation que celui qui pratique l'avortement entretient avec Dieu, ses semblables, la nature et lui-même. La relation entre la personne ayant pratiqué l'avortement et Dieu se trouve profondément altérée, entraînant une mort spirituelle.

Le Vénérable Suprême Évangéliste AIKPON Antoine, chargé de la paroisse Saint-Jofiel de l'Église du Christianisme Céleste à Bohicon, partage un avis similaire. Selon lui, tout acte qui vient de la pensée humaine et qui est posé volontairement est condamné par Dieu. L'avortement est puni par Dieu, sous peine de mort, et les esprits des enfants avortés deviennent des âmes du purgatoire, perturbant la vie et l'évolution des personnes concernées.

La religion traditionnelle et ancestrale partage un regard similaire sur l'avortement. Le Boconon Baba Aligbonon, prêtre du Fâ, explique que celui qui a avorté a commis un crime de meurtre, car chaque être qui vient au monde a une mission sur terre qui est ainsi bloquée. Les enfants avortés sont divinisés dans l'eau, perturbant les personnes concernées, et c'est le Fâ qui révèle ces informations.

Les conséquences de l'avortement sont nombreuses et variées, affectant les personnes concernées de différentes manières. L'avortement est souvent à la source de soucis financiers, de pertes d'emploi et de toutes sortes de blocages pour les personnes concernées. Les traditions religieuses interrogées s'accordent sur l'existence de voies permettant de rechercher une réparation spirituelle après un avortement.

Pour l'Église catholique, la première démarche spirituelle est la reconnaissance de son acte, suivie de la repentance, de la contrition, de la confession et de l'absolution. Le pénitent peut également offrir ses souffrances à Dieu pour le bien de l'enfant décédé, pour celui des âmes du purgatoire ou encore pour le bien de l'humanité. Le pèlerinage est aussi un chemin de réparation.

Du côté de l'Église du Christianisme Céleste, un culte de purification est recommandé pour conjurer ces conséquences fâcheuses. Dans la spiritualité Vodun et Fâ, la démarche est différente, impliquant la prise de l'enfant divinisé, Tohossou, ou des sacrifices pour atténuer la situation. Une consultation du Fâ est nécessaire pour déterminer les étapes à suivre.

Key points

  • Les conséquences spirituelles de l'avortement varient selon les croyances et les traditions religieuses.
  • L'avortement est perçu comme un acte moralement mauvais et grave par l'Église catholique.
  • Des voies de réparation spirituelle existent selon les différentes traditions religieuses.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.