Au moins 25 personnes ont été tuées dans le nord de l'Éthiopie par des frappes de drones. Ces attaques ont visé jeudi un camp de déplacés dans la région de l'Amhara et vendredi une localité du Tigré, près de la frontière avec l'Érythrée. Le gouvernement fédéral éthiopien a procédé à de nombreuses frappes de drones ces derniers mois dans la région septentrionale du Tigré contre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Selon l'ONG Acled, des civils ont été tués par ces frappes ces dernières semaines. Vendredi, un drone a touché des gens qui ramassaient le grain d'un véhicule ciblé la veille à Rama, située à environ sept kilomètres de l'Érythrée. Un témoin a déclaré que 13 personnes avaient été tuées et qu'il y avait au moins six blessés graves. Une source médicale a confirmé que 11 corps avaient été apportés à l'hôpital.
L'ONG Acled a affirmé que dans cette frappe, attribuée aux forces fédérales, 12 civils ont été tués et un nombre indéterminé ont été blessés. Les forces fédérales ont repoussé ces dernières semaines les rebelles du TPLF près de la frontière avec l'Érythrée, qui entretient des relations exécrables avec l'Éthiopie. Les frappes de drones ont également fait des victimes dans un camp de déplacés situé à Hayk, à environ 400 km de la capitale éthiopienne, Addis Abeba.
Jeudi, au moins 14 personnes ont été tuées, dont des enfants, par plusieurs frappes de drones qui ont visé un camp de déplacés situé à Hayk. Des témoins ont affirmé que quatre frappes de drones ont été effectuées l'une après l'autre. Les déplacés sont originaires de l'Oromia, région voisine de l'Amhara et la plus peuplée du pays, où l'Armée de libération oromo (OLA) mène une lutte armée depuis plus de huit ans contre les forces fédérales.
Les forces d'Addis Abeba ont mené ces dernières années de nombreuses frappes de drones en Amhara, deuxième région la plus peuplée d'Éthiopie avec plus de 20 millions d'habitants. Près d'un demi-million de personnes sont déplacées dans cette région, selon les chiffres publiés en juillet par les Nations unies. Les Fano et l'OLA ont formé fin septembre une alliance militaire avec plusieurs autres groupes armés éthiopiens, notamment le TPLF.
L'objectif de cette alliance est de "renverser" le gouvernement fédéral, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed. Après des conquêtes territoriales initiales dans le nord du pays, les Fano et les forces du TPLF ont dû se replier, repoussées par les frappes de l'armée fédérale. Le porte-parole de l'armée fédérale éthiopienne n'a pas donné suite à une demande de commentaire de l'AFP.
Les frappes de drones ont suscité des inquiétudes quant à la sécurité des civils dans la région. Les sénateurs américains Jeffrey A. Merkley et Marsha Blackburn ont adressé un courrier au commissaire de la NBA, Adam Silver, pour lui demander de mettre fin au partenariat entre la NBA et le gouvernement rwandais en raison de l'implication du Rwanda dans la déstabilisation de la RDC.
Key points
- Au moins 25 personnes tuées dans des frappes de drones dans le nord de l'Éthiopie.
- Les frappes de drones ont visé un camp de déplacés dans la région de l'Amhara et une localité du Tigré.
- Les forces fédérales éthiopiennes ont procédé à de nombreuses frappes de drones ces derniers mois contre les rebelles du TPLF.