Un naufrage au large des côtes de Djibouti a entraîné la mort d'au moins 139 migrants, en majorité d'Éthiopiens, et 84 personnes sont portées disparues. L'incident s'est produit dans la nuit du 8 au 9 octobre près de Guhere, au nord de la ville djiboutienne d'Obock. L'embarcation, surchargée, transportait 305 personnes.

Des dizaines de milliers de migrants empruntent chaque année la « route de l'Est », voie maritime qui relie la Corne de l'Afrique au Yémen via Djibouti et le détroit de Bab el-Mandeb. Cette route migratoire est considérée comme l'une des plus dangereuses du monde. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), des survivants ont indiqué que l'embarcation a chaviré à quelques dizaines de mètres de la côte djiboutienne.

L'OIM a précisé que l'embarcation était « beaucoup trop petite pour le nombre de passagers » et que les survivants ont raconté que l'embarcation a commencé à chavirer dès que les passagers sont montés dedans. Le chef de mission de l'OIM à Djibouti, Alexandre Coissac, a déploré la situation. Malgré la reprise des combats au Yémen début septembre, l'OIM a recensé plus de 20 000 arrivées en provenance d'Éthiopie à Djibouti depuis le 10 septembre.

Les migrants cherchent à atteindre les pays du Golfe, selon M. Coissac. Un groupe d'environ 150 personnes qui se trouvait dans l'embarcation naufragée avait déjà été refoulé du Yémen et avait malgré tout retenu la traversée. Un survivant originaire du Tigré, région du nord de l'Éthiopie, a raconté son histoire à l'OIM.

L'OIM a annoncé que le bilan est passé à 139 morts après la découverte de 30 corps supplémentaires, tandis que 84 personnes restent portées disparues. Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage, toutes de nationalité éthiopienne. L'organisation apporte son aide à 64 rescapés dans son centre d'aide aux migrants d'Obock.

L'année 2025 a été la plus meurtrière jamais enregistrée sur la « route de l'Est », avec plus de 900 migrants morts ou portés disparus. Le nombre de personnes empruntant cet itinéraire a augmenté de 18 % sur cette période. L'OIM a compté environ 178 000 arrivées à Djibouti en provenance d'Éthiopie entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026.

La directrice générale de l'OIM, Amy Pope, a réagi à ce naufrage en appelant les gouvernements et les bailleurs de fonds à agir pour sauver des vies. Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa « profonde tristesse » suite à cette « perte de vie tragique » et souligné l'urgence de s'attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière.

Key points

  • Au moins 139 migrants morts et 84 portés disparus dans un naufrage au large de Djibouti.
  • La "route de l'Est" est considérée comme l'une des routes migratoires les plus dangereuses du monde.
  • L'OIM appelle à agir pour sauver des vies et à s'attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.