Le 12e Sommet des Think Tanks d’Afrique s’est ouvert à Cotonou, au Bénin, le 28 octobre 2026. Les travaux se poursuivent jusqu’au 30 octobre autour du thème : « Accès à l’énergie et transformation économique : dispositions pratiques pour la viabilité, la croissance et la réforme du secteur de l’électricité en Afrique ».
L'accès à l'électricité est un enjeu majeur pour les économies africaines. Selon Holy Ranaivozanany, directrice exécutive adjointe de la Fondation Afrique-Europe, 72,1 % des entreprises d’Afrique subsaharienne subissent des coupures chroniques d’électricité, soit en moyenne quatorze heures d’interruption d’activité par mois. Plus de la moitié d’entre elles possèdent ou partagent un groupe électrogène pour poursuivre leurs activités.
Le ministre béninois de l’Économie et des Finances, Aristide Mèdénou, a appelé les réseaux de recherche à éclairer les décisions publiques et à lever les obstacles institutionnels et financiers du secteur. Fréjus Thoto, directeur exécutif du Centre africain pour le développement équitable, a insisté sur l'importance de nourrir l'action publique avec les connaissances produites par les think tanks.
La Commission de l’Union africaine mise sur l’intégration énergétique pour accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Elle estime qu'une intégration plus poussée permettrait d’économiser jusqu’à 40 milliards de dollars d’investissements. L'intégration énergétique est donc un élément clé pour atteindre les objectifs de développement du continent.
Les difficultés financières des opérateurs publics d'électricité en Afrique sont un obstacle majeur. Seul un quart des sociétés publiques d’électricité en Afrique couvrent à la fois leurs coûts d’exploitation et le service de leur dette. Cette situation limite leur capacité à investir durablement dans les infrastructures et à améliorer le service.
Le financement des infrastructures énergétiques est un défi important. Selon la Commission de l’Union africaine et l’Organisation de coopération et de développement économiques, les besoins annuels du continent en infrastructures s’élèvent à 155 milliards de dollars d’ici à 2040. Or, l’Afrique ne capte que 6 à 8 % des investissements privés mondiaux dans ce domaine.
La Banque africaine de développement et la Banque mondiale soutiennent conjointement l’initiative « Mission 300 », qui vise à raccorder 300 millions de personnes supplémentaires en Afrique subsaharienne d’ici à 2030. Les travaux du sommet devraient s'achever par l'adoption de l'Agenda d'action de Cotonou pour améliorer l'accès à l'énergie en Afrique.
Key points
- Les think tanks africains doivent jouer un rôle important pour éclairer les décisions publiques et lever les obstacles institutionnels et financiers du secteur énergétique.