Le recteur de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), Slim Khalbous, a récemment souligné l'importance de la diplomatie scientifique pour établir un partenariat plus équilibré et durable entre les pays du Nord et ceux du Sud. Selon lui, cette approche permet d'utiliser la science pour faire de la politique étrangère. M. Khalbous a fait cette déclaration à l'occasion de la cérémonie de clôture de la conférence régionale des recteurs et des journées de recherche et d'innovation de l'Afrique de l'Ouest, à Dakar.
La diplomatie scientifique est définie par M. Khalbous comme "l'art d'utiliser la science pour faire de la politique étrangère". Elle consiste à mobiliser les réseaux diplomatiques pour favoriser la coopération scientifique, mais également à mobiliser les expertises scientifiques pour éclairer des décisions internationales de plus en plus complexes. Cette approche permet de créer des ponts entre pays, régions et continents en mettant en place des projets de co-développement basés sur la connaissance.
M. Khalbous a insisté sur le fait que la dimension scientifique de la diplomatie n'exclut ni la dimension politique, économique, ni sécuritaire, mais vient plutôt en appui à tous ces niveaux de diplomatie. Il estime que la diplomatie scientifique peut permettre un "rééquilibrage" dans la relation Europe-Afrique pour qu'un partenariat "gagnant-gagnant" soit enfin une réalité et non pas juste une déclaration d'intention.
Le recteur de l'AUF a également souligné que l'Europe a tout intérêt à ne pas voir le fossé de développement se creuser davantage avec le continent africain. Il a rappelé que l'Afrique, "forte et souveraine, est un partenaire de choix pour l'Europe, tant sur le plan économique que sur le plan géopolitique". M. Khalbous a ainsi encouragé les pays africains à se mettre à la diplomatie scientifique.
Selon M. Khalbous, personne n'a une solution définitive à des problèmes relevant du climat, des questions de l'eau, de l'IA générative, des flux migratoires et de l'influence des réseaux sociaux, par exemple. Ces problèmes transpercent les frontières et donnent encore plus d'importance à la coopération scientifique d'une manière très internationale.
M. Khalbous a également souligné le lien de plus en plus fort entre la connaissance et le développement. Il estime que le pays fort, ce n'est plus forcément celui qui a la plus grande armée, mais celui qui a la plus forte technologie, la dernière technologie, quelle que soit la taille du pays. La connaissance permet d'être puissante dans la négociation internationale.
Enfin, M. Khalbous a encouragé les universités africaines à se mettre à la diplomatie scientifique en mettant l'université "au centre de la réflexion, de l'internationalisation". Il a ainsi souligné l'importance de la coopération scientifique pour l'avenir de l'Afrique.
Key points
- La diplomatie scientifique est un levier pour un partenariat plus équilibré et durable entre les pays du Nord et ceux du Sud.
- La coopération scientifique est essentielle pour résoudre les problèmes complexes qui transpercent les frontières.
- Les universités africaines doivent se mettre à la diplomatie scientifique pour être au centre de la réflexion et de l'internationalisation.