Le 2 octobre de chaque année marque l’accession de la Guinée à l’indépendance. Dans la préfecture de Coyah, ce 68e anniversaire a été célébré à la place des Martyrs en présence de plusieurs personnalités. Mamadi Koma, enseignant à la retraite et journaliste culturel à la RTG, se souvient encore de cette date historique et des conséquences du choix du peuple guinéen.

Pour ce témoin de l’histoire, la durée de la colonisation est souvent minimisée. ‘’Même si nous n’avons pas été témoin de l’indépendance, nous l’avons vécue. Nous avons été les premiers élèves de l’indépendance. J’étais en CP1 à l’époque. On dit le plus souvent que la Guinée a fait 60 ans de colonisation, ce n’est pas vrai, c’est 120 ans. Tout a commencé après l’arrestation de l’Almamy Samory Touré, sa déportation au Gabon et sa mort en 1900.

Selon lui, la vraie lutte pour l’émancipation est ensuite venue de la jeunesse, portée notamment par feu Ahmed Sékou Touré. ‘’Mais la vraie lutte, viendra encore du côté des jeunes. Je vais parler de feu Ahmed Sékou Touré, qui va recevoir De Gaulle le 25 août à Conakry, qui était venu proposer à la communauté guinéenne de rester dans la communauté française, en disant que personne n’était tenue d’y adhérer.

Les lourdes conséquences du non de la Guinée à la communauté française ont été nombreuses selon Mamadi Koma. Il rappelle que l’administration coloniale avait tout saccagé avant son départ. ‘’Après l’indépendance de la Guinée, la France a retiré tous ses enseignants. Dans mon école, on a pris un élève de la sixième année pour venir nous enseigner.

La Guinée a ensuite été aidée par plusieurs pays, notamment les tchécoslovaques, les russes et les chinois. Mamadi Koma ajoute que la reconnaissance de la Guinée à l’ONU a été rendue possible grâce à la Tchécoslovaquie, qui a voté pour l’adhésion de notre pays. Malgré le départ des Français, selon lui, le régime de Sékou Touré a réalisé des progrès notables, notamment dans l’armée et l’éducation.

Mamadi Koma évoque aussi les symboles de la solidarité panafricaine avec la création des centres universitaires. L’université Gamal Abdel Nasser a été nommée en hommage au premier président de l’Égypte, grand ami de la révolution guinéenne. Celle de Kankan porte le nom de Julius N’Yéréré, président Tanzanien, pour son amitié avec Sékou Touré.

Pour cet enseignant à la retraite, ces avancées ont attiré l’hostilité des puissances impérialistes. ‘’A cause des progrès réalisés, l’impérialisme n’était pas à l’aise. C’est ainsi que le 22 novembre 1970, à 2 heures du matin, ils ont débarqué à Conakry avec trois bateaux chargés de mercenaires lourdement armés. Les femmes se sont levées avec des bidons pour aider leurs maris militaires.

Key points

  • Le 2 octobre 1958, le drapeau tricolore guinéen a été hissé, marquant l'indépendance du pays
  • La Guinée a reçu l'aide de plusieurs pays après son indépendance
  • Les agressions de 1970 ont été mises en échec par l'armée guinéenne

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.