Un père de famille a été condamné en France après avoir imposé des séances de roqya à ses deux filles mineures. L'homme a écopé de trois mois d'emprisonnement assortis d'un sursis, de 300 euros d'amende et d'un stage de citoyenneté. Cette peine a été prononcée après que les autorités ont découvert les deux adolescentes en présence de leur père, l'une présentant un état de grande faiblesse et l'autre ayant un comportement agité.
L'affaire a commencé par l'intervention de policiers dans un appartement à Paris, après l'appel d'une voisine qui avait entendu des cris. Sur place, les fonctionnaires ont décrit une scène qu'ils ont considérée comme une "scène d'exorcisme". Les investigations ont ensuite permis de retracer d'autres séances auxquelles les deux mineures auraient participé, notamment dans un local de Seine-Saint-Denis, situé à La Courneuve.
Selon les informations, les adolescentes étaient conduites par leur père dans ce local où des séances de roqya étaient organisées. Ces séances pouvaient durer plusieurs heures et des textes coraniques étaient récités tandis que de l'eau ayant fait l'objet de prières était utilisée sur les jeunes filles. Les enquêteurs ont aussi recueilli des éléments selon lesquels un spray servait à empêcher les adolescentes de dormir pendant certaines séances.
Les éléments rapportés font état de malaises pouvant aller jusqu'à une perte de connaissance, ainsi que de vomissements et de cris. La roqya désigne une pratique islamique reposant sur la récitation du Coran et d'invocations à des fins de protection ou de guérison spirituelle. Cependant, certaines pratiques reposent sur la conviction qu'une personne est affectée par un djinn, le mauvais œil ou la sorcellerie et cherchent alors à l'en délivrer.
La Miviludes, chargée en France de la vigilance contre les dérives sectaires, s'est déjà intéressée aux pratiques associées à certaines formes de médecine dite prophétique et aux risques d'emprise pouvant les accompagner. En 2019, l'organisme avait reçu une quinzaine de signalements concernant des dérives associées à la médecine prophétique musulmane.
Le père, qui exerçait comme chauffeur VTC, avait déjà fait l'objet d'un précédent signalement pour violences. Les investigations ont aussi décrit une surveillance importante exercée sur la vie quotidienne de ses filles, avec des restrictions imposées sur leur manière de s'habiller, leurs relations sociales et leurs possibilités de sortie.
La justice a finalement retenu des faits ayant conduit à la condamnation du père. Les trois mois d'emprisonnement prononcés sont intégralement assortis du sursis, l'homme n'a donc pas été condamné à effectuer trois mois de détention ferme. Une sanction financière de 300 euros et un stage de citoyenneté complètent la peine.
Key points
- Le père a été condamné pour avoir imposé des séances de roqya à ses deux filles mineures.
- Les séances de roqya ont eu lieu dans un local de Seine-Saint-Denis, situé à La Courneuve.
- La Miviludes a déjà étudié les pratiques associées à certaines formes de médecine prophétique musulmane.