La Tunisie est considérée comme une destination attractive pour l'externalisation de services TIC par les entreprises néerlandaises en raison de sa proximité géographique et horaire, de sa solide infrastructure numérique et de son vivier de talents hautement qualifiés. Le pays offre une qualité de services conforme aux standards européens pour un niveau de salaire représentant environ un tiers de celui des pays européens. Le système d'enseignement supérieur est performant et collabore avec le secteur privé pour former chaque année un grand nombre de diplômés en technologies.

Cependant, la bureaucratie tunisienne, la présence limitée des entreprises néerlandaises et les restrictions en matière de protection des données et de mobilité professionnelle conformes à la réglementation européenne peuvent constituer des obstacles à l'entrée sur le marché. Le think tank néerlandais Clingendael suggère que le gouvernement néerlandais peut soutenir la relocalisation de proximité en mettant les entreprises en relation avec des partenaires locaux, en promouvant des réformes sur la protection des données et en facilitant la mobilité des télétravailleurs.

Le rapport de Clingendael, qui est la troisième étude de pays de la série sur la délocalisation de proximité vers les pays concernés par les migrations pour les Pays-Bas, évalue le potentiel de la Tunisie pour un partenariat stratégique de délocalisation de proximité avec les Pays-Bas. L'étude se concentre sur le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), avec une analyse exploratoire du secteur agricole. Les résultats sont basés sur 44 entretiens semi-directifs menés auprès d'acteurs des secteurs public et privé.

Le marché des technologies de l'information en Tunisie est mature, avec une forte présence étrangère, notamment d'entreprises allemandes et françaises. Le pays offre une qualité de services conforme aux standards européens pour un niveau de salaire compétitif. Le système d'enseignement supérieur est performant et forme chaque année un grand nombre de diplômés en technologies, dont la maîtrise de l'anglais est en constante progression.

Le nearshoring horticole entre les Pays-Bas et la Tunisie est déjà une réalité, avec des perspectives de développement accru. Le rapport souligne que le nearshoring horticole présente à la fois des opportunités et des défis au regard des stratégies de migration et de développement. Il offre le potentiel de renforcer le secteur agricole néerlandais, de permettre des modalités de mobilité de la main-d'œuvre plus flexibles et d'alléger la pression sur le marché du travail.

La rareté des terres aux Pays-Bas fait du nearshoring vers un pays comme la Tunisie une solution permettant de libérer des terrains pour d'autres usages. Le rapport souligne également que la pénurie d'eau en Tunisie constitue le principal facteur limitant pour le développement du secteur agricole. Le recours aux usines de dessalement représente donc une voie d'avenir, bien que cette solution ne soit pas illimitée.

Le gouvernement néerlandais peut jouer un rôle important pour soutenir les entreprises adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement et pour promouvoir la délocalisation de proximité vers la Tunisie. Le rapport de Clingendael souligne que la délocalisation de proximité peut constituer un atout constructif pour la coopération avec les pays concernés par les migrations.

Key points

  • La Tunisie offre une destination attractive pour l'externalisation de services TIC par les entreprises néerlandaises en raison de sa proximité géographique et horaire, de sa solide infrastructure numérique et de son vivier de talents hautement qualifiés.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.