Les Tunisiens ont vécu un été difficile en raison des coupures d'électricité répétées, qui ont touché l'ensemble du pays. Les climatiseurs ont été mis hors service en pleine chaleur, les patients dépendants de concentrateurs d'oxygène ont été exposés à des risques, les commerces ont été perturbés et l'activité économique a ralenti. Selon Belgacem Soualhia, ingénieur en génie électrique et ancien cadre à la Société Tunisienne d'Electricité et de Gaz (STEG), ces coupures étaient nécessaires pour éviter un black-out généralisé du réseau électrique.

M. Soualhia explique que le système électrique repose sur trois niveaux : la production, le transport et la distribution. Les coupures d'électricité ne peuvent pas être attribuées uniquement à la capacité de production, mais plutôt à la nécessité de réduire temporairement la charge pour préserver l'équilibre du réseau. Il souligne que les ingénieurs, techniciens et agents de la STEG ont travaillé dur pour maintenir la stabilité du réseau et éviter une situation plus grave.

Selon M. Soualhia, la production d'électricité en Tunisie est d'environ 5 900 à 6 000 mégawatts, mais le réseau ne peut pas toujours transporter et distribuer toute cette puissance simultanément. Il existe des contraintes techniques et des pertes sur le réseau qui limitent la puissance réellement disponible pour les consommateurs. Le vieillissement du parc électrique, en particulier au niveau du transport et de la distribution, est également un facteur à prendre en compte.

M. Soualhia estime que la modernisation du réseau de distribution est essentielle pour améliorer la situation. La STEG exploite un réseau de distribution très étendu, avec 193 000 kilomètres de lignes moyenne et basse tension. La modernisation de ce réseau nécessite des investissements importants et une programmation pluriannuelle. M. Soualhia suggère que l'exploitation de l'existant pourrait permettre de récupérer une puissance significative sans construire de nouvelles centrales.

Les pertes sur le réseau sont un problème important, selon M. Soualhia. Il distingue les pertes techniques des pertes commerciales ou économiques. Les pertes techniques sur le transport sont de l'ordre de 11%, mais les pertes sur la distribution sont plus importantes. Il est possible de réduire ces pertes en améliorant les performances des équipements et en réduisant les pertes non facturées ou non comptabilisées.

M. Soualhia considère que la crise est structurelle, même si les conditions météorologiques peuvent l'aggraver. La demande d'électricité augmente en raison de l'évolution du niveau de vie et de la généralisation de l'utilisation des climatiseurs. Il est donc important de prendre des mesures pour améliorer l'efficacité du réseau et répondre à la demande croissante d'électricité.

Enfin, M. Soualhia estime qu'il est possible de récupérer 400 à 600 mégawatts en améliorant les performances des équipements et en réduisant les pertes, ce qui équivaudrait à la puissance d'une centrale électrique. Il est donc crucial de mettre en place des mesures pour améliorer l'efficacité du réseau et éviter de nouveaux délestages à l'avenir.

Key points

  • Les coupures d'électricité cet été en Tunisie ont été causées par la nécessité de réduire temporairement la charge pour préserver l'équilibre du réseau électrique.
  • La modernisation du réseau de distribution est essentielle pour améliorer la situation et répondre à la demande croissante d'électricité.
  • La crise est structurelle et nécessite des mesures pour améliorer l'efficacité du réseau et éviter de nouveaux délestages à l'avenir.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.