Le président américain Donald Trump a placé l'Iran devant une alternative : conclure un accord ou risquer « l’anéantissement ». Cette déclaration a été faite mardi à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, lors de la rentrée diplomatique annuelle de septembre. Trump a résumé la guerre avec l’Iran à une alternative vertigineuse, soit conclure un accord avec Téhéran, qui permettrait à l’Iran de « se reconstruire » et de devenir « un pays bien plus grand qu’il ne l’a jamais été ».
Sept mois après le déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, fin février, Trump a consacré une large partie de son discours à défendre une guerre dont les répercussions dépassent largement le champ de bataille. Le pétrole reste proche de 100 dollars le baril et le trafic dans le détroit d’Ormuz, passage essentiel des exportations mondiales d’hydrocarbures, s’est effondré. Lundi, seuls deux navires de marchandises l’ont franchi, selon des données maritimes.
Trump a égrené les dégâts infligés à son adversaire : programme nucléaire « anéanti », marine torpillée « au fond de la mer », aviation et défenses antiaériennes détruites, capacités de production de missiles et de drones presque éliminées. Le régime iranien, a-t-il assuré, agit désormais « non parce qu’il est fort et confiant, mais parce qu’il est faible et désespéré ».
Une difficulté résiste pourtant à la puissance militaire américaine : Ormuz. Trump a affirmé que l’US Navy avait escorté « plus d’un milliard de barils de pétrole » hors du détroit. Mais la navigation reste extrêmement perturbée et deux navires ont encore été attaqués lundi. Le détroit est aussi devenu une monnaie d’échange.
Un haut responsable iranien a déclaré mardi à la presse que Téhéran pourrait rouvrir Ormuz dans les sept jours si Washington réduisait sa pression militaire et levait le blocus des ports iraniens. La délégation iranienne présente à New York disposerait, a-t-il dit, de l’autorité nécessaire pour négocier. Cette ouverture répond à celle laissée par Trump.
Après sa menace d’« anéantissement », Trump a estimé qu’un accord finirait probablement par être conclu. Il a néanmoins appelé les autres pays à imposer un « isolement économique complet » à l’Iran jusqu’à l’arrêt des attaques contre les navires commerciaux, l’abandon de ses ambitions nucléaires et la fin de son soutien au terrorisme.
L’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, a insisté sur l’urgence d’une sortie diplomatique. La possibilité de fermer une voie maritime par laquelle transite « près d’un quart du commerce énergétique mondial » révèle selon lui l’absence d’un système régional de sécurité capable d’empêcher qu’un conflit n’entraîne ses voisins.
Key points
- Trump a placé l'Iran devant une alternative : conclure un accord ou risquer « l’anéantissement ».
- Le pétrole reste proche de 100 dollars le baril et le trafic dans le détroit d’Ormuz s’est effondré.
- L’émir du Qatar a insisté sur l’urgence d’une sortie diplomatique pour résoudre la crise.