Une quarantaine de civils, dont des enfants, ont été blessés ces derniers jours par des tirs d'artillerie sur des localités du sud de l'État régional du Tigré, en Éthiopie. Selon une source médicale à Mekele, la capitale régionale, quatre personnes ont été mortellement blessées. Les habitants ayant accompagné des victimes à l'hôpital Aydar de Mekele ont confirmé ces bombardements.
Des combats ont repris le 23 septembre dans le nord de l'Éthiopie, après des mois de tensions, entre le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirige de fait l'État régional. Le gouvernement fédéral considère le TPLF comme illégal. Les deux parties s'étaient déjà affrontées entre 2020 et 2022 lors d'un conflit à grande échelle.
Le TPLF et six autres groupes armés opposés au gouvernement avaient annoncé s'allier pour "renverser" le gouvernement de M. Abiy. Seul l'un de ces groupes, la milice amhara Fano, semble participer pour l'heure aux combats dans le Nord. Les forces fédérales éthiopiennes ont effectué une première percée lundi, en prenant la localité d'Alamata, située sur la route menant à Mekele.
Selon un membre du personnel médical, l'hôpital Aydar a reçu entre samedi et lundi 44 civils, dont 33 enfants, grièvement blessés par des tirs d'artillerie sur Alamata et Maychew. Certains ont perdu la vue ou des membres dans les bombardements. Au moins quatre personnes sont mortes en route vers l'hôpital.
Un habitant de Maychew a affirmé que la localité avait été frappée lundi par six obus, tuant notamment deux personnes dans un quartier résidentiel. Un habitant d'Alamata a indiqué qu'un intense pilonnage sur une zone comprenant un marché y avait tué plusieurs civils samedi dernier.
Le conflit entre le gouvernement fédéral et le TPLF a déjà fait au moins 600 000 morts, selon l'Union africaine. Plusieurs observateurs estiment que cette estimation est basse. Les réseaux de communication dans le Tigré sont extrêmement perturbés, rendant difficile la vérification des informations.
Les bombardements ont provoqué une crise humanitaire dans la région. Les populations civiles sont prises entre les combats et les bombardements. La situation reste tendue dans le nord de l'Éthiopie, avec des affrontements qui pourraient s'intensifier dans les prochains jours.
Key points
- Quarantaine de civils blessés, dont quatre mortellement, dans des tirs d'artillerie sur des localités du sud de l'État régional du Tigré.
- Les forces fédérales éthiopiennes ont effectué une première percée lundi, en prenant la localité d'Alamata.
- Le conflit entre le gouvernement fédéral et le TPLF a déjà fait au moins 600 000 morts, selon l'Union africaine.