L'ancien Premier ministre et président de l'Union des forces républicaines, Sidya Touré, est décédé à Paris le 26 septembre 2026. L'auteur, Sanou Kerfalla Cissé, se souvient de deux rencontres importantes avec Sidya Touré : une interview à la Primature après les premiers résultats de son gouvernement et une médiation politique à la Grande Mosquée Fayçal. Ces souvenirs permettent à l'auteur de retracer le parcours d'un homme qui a voulu réformer l'État avant de porter ses convictions dans l'opposition.
Sidya Touré a été nommé Premier ministre du général Lansana Conté le 9 juillet 1996, dans un contexte économique et social difficile. La Primature avait été rétablie après onze ans d'absence. Ses priorités étaient l'électricité, l'assainissement de Conakry et la reprise de la coopération financière internationale. L'éclairage public est revenu dans certains quartiers de la capitale en décembre 1996, signe concret de l'action gouvernementale. L'auteur se souvient d'une interview avec Sidya Touré à la Primature fin décembre 1996.
Le gouvernement de Sidya Touré a annoncé la mobilisation de financements extérieurs pour la collecte des ordures et a engagé des discussions avec les institutions financières internationales. Il a également entrepris d'assainir le fichier de la fonction publique. Ces initiatives ont nourri l'espoir d'un redressement. Cependant, la fonction de Premier ministre dépendait étroitement de la confiance du chef de l'État. Deux ans après sa nomination, Sidya Touré a perdu le portefeuille de l'Économie et des Finances.
Sidya Touré a quitté la Primature le 8 mars 1999. Son expérience a illustré la difficulté de conduire des réformes lorsque les responsabilités politiques restent incertaines. Après son départ, il a rejoint l'Union des forces républicaines, créée en 1992. Il a défendu une autre orientation pour le pays et a rompu avec Lansana Conté en 2000. La rupture a été publique dans un climat politique tendu.
Le 27 juillet 2000, Sidya Touré a appelé l'auteur pour le rencontrer à la Grande Mosquée Fayçal. Des démarches de médiation étaient en cours pour rapprocher l'ancien Premier ministre et le président Conté. L'auteur s'est rendu à la mosquée le lendemain et a vu des notables, des responsables religieux et des officiers tenter de rapprocher les deux hommes. Sidya Touré a refusé que son engagement soit réduit à une affaire de région ou de personnes.
Sidya Touré a rappelé que le différend concernait la situation politique, économique et sociale du pays, la paupérisation, l'éducation et l'exclusion. L'auteur a retenu sa constance ce jour-là : il n'a pas écarté le dialogue, mais n'a pas voulu que la réconciliation exige le renoncement de l'UFR à ses convictions. Cette scène a révélé l'homme politique que l'auteur a vu : courtois dans la forme, ferme sur le fond.
L'histoire de Sidya Touré croise celle de nombreux acteurs qui ont d'abord travaillé avec Lansana Conté avant de s'opposer à lui. L'auteur conservera le souvenir de leurs entretiens mensuels à la Primature, de l'appel tardif et de la prière du lendemain à la Grande Mosquée Fayçal. Ces moments appartiennent à sa mémoire de journaliste et à une page de l'histoire politique guinéenne.
Key points
- Sidya Touré, l'ancien Premier ministre guinéen, est décédé le 26 septembre 2026 à Paris.
- L'auteur se souvient de deux rencontres importantes avec Sidya Touré : une interview à la Primature et une médiation politique à la Grande Mosquée Fayçal.
- Sidya Touré a voulu réformer l'État avant de porter ses convictions dans l'opposition.