Le phénomène météorologique connu sous le nom de Super El Niño devrait avoir des conséquences dévastatrices en Afrique, selon un rapport publié le 23 septembre 2026 par le Climate Impact Lab, un centre de recherche de l’Université de Chicago. Ce phénomène, apparu en juin, devrait faire grimper les températures terrestres d’environ 1,2 °C au-dessus de la normale. Les auteurs du rapport estiment que cela entraînera 451 000 décès supplémentaires dus à la chaleur entre juin 2026 et février 2027.

L’Afrique se trouve en première ligne face à ce phénomène météorologique. Le rapport du Climate Impact Lab indique que 239 000 décès surviendraient entre septembre et février, dont 66 800 dans le Sahel. Le Nigeria est le pays le plus touché, avec 31 400 décès supplémentaires projetés, soit près de la moitié du bilan estimé pour le Sahel. Le Soudan, le Niger et le Tchad sont également parmi les pays les plus exposés.

Les chercheurs du Climate Impact Lab ont utilisé des méthodes de recherche avancées pour prédire l’impact des températures sur la mortalité. Selon Michael Greenstone, économiste et coauteur du rapport, « nous avons longtemps su prédire l’impact des températures sur les récoltes, et nous pouvons désormais prédire leur impact sur le pire des résultats : la mort ». Le rapport permet aux décideurs de voir précisément où des mesures d’urgence peuvent être prises dès maintenant pour sauver des dizaines de milliers de vies dans les mois à venir.

Le Super El Niño est décrit par les auteurs du rapport comme « une carte postale du futur », puisqu’il apporte dès aujourd’hui des températures attendues dans une vingtaine d’années. Les cinq pays les plus touchés par ce phénomène sont le Nigeria, l’Indonésie, l’Inde, le Brésil et le Soudan. Ces pays concentrent à eux seuls plus de 97 000 décès projetés, et la grande majorité des régions menacées appartiennent au Sud global.

Les auteurs du rapport recommandent plusieurs mesures pour atténuer les effets du Super El Niño. Il s’agit notamment d’alertes de chaleur, de programmes de santé pour les personnes vulnérables, de centres de rafraîchissement, de points d’hydratation, de protection des travailleurs et de renforcement des systèmes de santé. Tamma Carleton, coautrice et responsable de recherche au Climate Impact Lab, a défendu cette approche, affirmant que « renforcer l’intervention d’urgence et mieux cibler nos efforts peut sauver de nombreuses vies cette année ».

Il convient de noter que ces chiffres restent des projections et que le rapport n’a pas encore été évalué par des pairs. Un porte-parole du laboratoire a justifié cette publication anticipée, compte tenu du temps qu’il reste pour agir. Le bilan pourrait s’alourdir, car El Niño devrait durer jusqu’au printemps 2027 et ses effets thermiques pourraient se prolonger en juin et juillet.

Le rapport ne compte en outre que la mortalité liée à la chaleur, sans les sécheresses, les incendies ni les inondations. Les auteurs du rapport soulignent l’importance de prendre des mesures d’urgence pour sauver des vies. Le Super El Niño est un phénomène météorologique qui nécessite une attention particulière, notamment en Afrique, où les populations sont déjà vulnérables.

Key points

  • Le Super El Niño pourrait provoquer 451 000 décès supplémentaires dus à la chaleur entre juin 2026 et février 2027 en Afrique.
  • Le Nigeria, l’Indonésie, l’Inde, le Brésil et le Soudan sont les cinq pays les plus touchés par ce phénomène.
  • Les auteurs du rapport recommandent plusieurs mesures pour atténuer les effets du Super El Niño, notamment des alertes de chaleur et des programmes de santé pour les personnes vulnérables.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.