Le ministre singapourien des Affaires étrangères, Vivian Balakrishnan, a défendu une position qui intéresse les petits États lors de son intervention devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le samedi 26 septembre. Il a souligné que les règles communes doivent primer sur les rapports de force dans les relations internationales. Cette position est particulièrement pertinente pour les petits États comme Singapour, qui cherchent à défendre leurs intérêts face aux grandes puissances.

Vivian Balakrishnan a décrit des relations internationales de plus en plus déterminées par la taille des États, leurs moyens de pression et la coercition. Il a considéré que cette évolution représente un danger pour les petits États comme Singapour. Selon lui, les grandes puissances en paieraient également le prix, car leur puissance ne peut à elle seule sécuriser les chaînes d'approvisionnement, protéger les populations contre les pandémies ou stabiliser le climat.

Le ministre a plaidé pour des règles partagées qui rendent les relations entre pays plus prévisibles, limitent l'exercice arbitraire de la puissance et préservent l'autonomie des États moins influents. Il a fixé trois priorités : respecter le droit international, réformer les institutions lorsque cela s'avère nécessaire et élaborer des règles pour les nouvelles technologies. Ces priorités visent à renforcer la stabilité et la sécurité dans les relations internationales.

Vivian Balakrishnan a pris l'exemple du détroit d'Ormuz, qui a été fermé dans le contexte de la guerre dans le golfe Persique. Il a défendu le droit de passage en transit dans les détroits utilisés pour la navigation internationale, considérant que ce passage ne doit être ni soumis au paiement de droits ni dépendre de la volonté d'un seul État. Il a cité les détroits de Malacca et de Singapour, que Singapour, l'Indonésie et la Malaisie travaillent à maintenir ouverts avec les autres pays qui les utilisent.

Le ministre a également défendu le système commercial multilatéral, qui permet de régler des différends entre pays de poids inégal par des procédures, plutôt que par la contrainte unilatérale. Il a toutefois estimé que ce système s'était fragilisé, citant le retour des tarifs douaniers et des restrictions sur les chaînes d'approvisionnement comme moyens de pression. Pour Singapour, dont les échanges commerciaux représentent trois fois le produit intérieur brut, l'érosion des règles commerciales a des conséquences directes.

Vivian Balakrishnan a consacré une large partie de son intervention à l'intelligence artificielle, distinguant trois catégories de risques : la perte de contrôle de systèmes autonomes, l'utilisation possible de l'IA par des acteurs malveillants pour créer des armes biologiques ou d'autres armes de destruction ou de perturbation massive, et les bouleversements économiques, sociaux et politiques dont les effets commencent à apparaître. Il a préconisé des tests rigoureux avant le déploiement des systèmes, des limites claires à leur autonomie et des moyens d'intervention lorsqu'ils se comportent de manière imprévue.

Le ministre a demandé une réforme de l'ONU qui améliore son efficacité et renforce l'égalité entre ses membres. Il a rappelé le rôle de la Cour internationale de Justice dans le règlement pacifique des différends et présenté la candidature de sa représentante pour le droit international, Rena Lee, à un poste de juge à la Cour. L'intervention de Vivian Balakrishnan expose une position sur une question qui concerne les petits États : comment défendre leurs intérêts lorsque les règles communes sont mises à l'épreuve ?

Key points

  • Le ministre singapourien des Affaires étrangères, Vivian Balakrishnan, défend une position qui intéresse les petits États à l'ONU.
  • Les règles communes doivent primer sur les rapports de force dans les relations internationales.
  • Singapour propose de renforcer l'efficacité de l'ONU et de réformer ses institutions pour améliorer la stabilité et la sécurité dans les relations internationales.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.