La sextorsion, une forme de chantage qui menace de diffuser des images ou des vidéos intimes, est un phénomène qui touche de nombreuses victimes au Bénin. Houéfa, une jeune femme qui a vécu cette expérience en 2016, témoigne de la peur et de la honte qui ont empêché les victimes de dénoncer les faits. Elle estime qu'une meilleure communication sur les dispositifs d'aide permettrait aux victimes de sortir plus facilement du silence.

Selon des données attribuées au Centre national d'investigations numériques (CNIN), les femmes et les filles représentent 69 % des victimes de sextorsion au Bénin. Ce chiffre souligne l'importance de renforcer la prévention et les mécanismes de protection. Le sociologue spécialiste de la déviance, Dr MONTCHO Bruno, souligne que la prévention doit tenir compte des réalités sociales, économiques et numériques des personnes concernées.

Des organisations de la société civile, telles que l'ONG FND, s'engagent dans la prévention et l'accompagnement des personnes exposées à la sextorsion. Le directeur exécutif de l'ONG FND, M. Gildas HOUÉHOU, met en avant l'importance de la sensibilisation des jeunes, des femmes et des adolescentes sur la protection des données personnelles et la sécurisation des comptes.

L'accompagnement des victimes de sextorsion ne se limite pas à la prévention. Il passe aussi par un accueil confidentiel, une écoute sans jugement, l'évaluation des risques et, lorsque cela est nécessaire, une orientation vers un soutien psychosocial ou juridique. L'Association des femmes juristes du Bénin est notamment citée parmi les structures susceptibles d'apporter un appui juridique.

Si la sextorsion n'est pas expressément consacrée comme une infraction autonome dans la législation béninoise, Maître Hugo KOUKPOLOU explique que plusieurs qualifications prévues par le Code du numérique peuvent permettre de poursuivre les faits. Il cite notamment le harcèlement par le biais d'une communication électronique et l'extorsion.

Pour Maître Hugo KOUKPOLOU, le cadre juridique actuel permet de poursuivre des faits de sextorsion, mais des dispositions plus spécifiques permettraient de mieux cerner le phénomène, de renforcer la protection des victimes et d'améliorer la répression. Les organisations de la société civile et les autorités doivent travailler ensemble pour renforcer la protection des victimes.

Key points

  • Les victimes de sextorsion au Bénin sont souvent des femmes et des filles, représentant 69 % des cas.
  • La peur et la honte sont les principales barrières à la demande d'aide pour les victimes de sextorsion.
  • Des organisations de la société civile s'engagent dans la prévention et l'accompagnement des personnes exposées à la sextorsion.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.