Selon une étude publiée le 22 septembre 2026 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'Observatoire de l'inclusion financière (OIF), l'accès aux services financiers reste très inégal en Tunisie. Dans sept gouvernorats du Centre et du Sud, seules 18% des femmes interrogées disposent d'un compte bancaire. Ces territoires ne concentrent que 12% du réseau bancaire national. L'étude porte sur Kairouan, Gabès, Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili.
L'étude analyse à la fois l'offre de services financiers et les comportements des populations, notamment en matière d'accessibilité, de coût, de connaissance des produits et de confiance envers les institutions. Il convient toutefois de distinguer bancarisation et accès plus large aux services financiers : 41% des femmes interrogées disposent d'un compte auprès d'une institution financière formelle. Dans le détail, 18% possèdent un compte bancaire et 27% un compte postal.
Le réseau bancaire dans les sept gouvernorats étudiés est peu présent, avec 256 agences bancaires, soit seulement 12% des 2 064 agences recensées à l'échelle nationale. Cette faible couverture contribue, selon l'étude, au maintien de pratiques financières informelles, notamment l'épargne à domicile et les mécanismes communautaires de solidarité. Les difficultés ne se limitent toutefois pas à la proximité des agences.
Le manque de ressources financières, le coût des services, la complexité de certains produits et la méfiance envers les institutions constituent également des obstacles importants. L'étude relève notamment que 51% des femmes interrogées citent le manque de ressources financières parmi les facteurs d'exclusion. Parmi celles qui travaillent, 58% déclarent un revenu mensuel inférieur à 500 dinars.
Le recours aux espèces reste par ailleurs extrêmement répandu : 98% des femmes interrogées utilisent le cash. Cela souligne la nécessité d'une meilleure inclusion financière pour encourager l'utilisation de services financiers formels. Le PNUD et l'OIF recommandent la mise en place de produits plus simples, transparents et adaptés aux revenus modestes.
Le PNUD et l'OIF plaident ainsi pour un renforcement de l'éducation financière et de l'accompagnement pour aider les femmes à mieux comprendre et utiliser les services financiers. Cela pourrait contribuer à améliorer l'inclusion financière des femmes et des jeunes dans ces régions. L'étude souligne également l'importance de prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des jeunes.
L'inclusion financière est un enjeu majeur pour le développement économique et social de la Tunisie. Les résultats de cette étude pourront aider les autorités et les institutions financières à prendre des mesures pour améliorer l'accès aux services financiers pour les populations les plus vulnérables. Trois points clés ressortent de cette étude : l'accès limité aux services financiers, la faible couverture bancaire et la nécessité d'une meilleure inclusion financière.
Key points
- L'accès aux services financiers reste très inégal en Tunisie, avec seulement 18% des femmes disposant d'un compte bancaire dans sept gouvernorats du Centre et du Sud.
- Le réseau bancaire dans ces régions est peu présent, avec seulement 12% des agences bancaires nationales.
- Le manque de ressources financières, le coût des services et la méfiance envers les institutions sont des obstacles importants à l'inclusion financière.