Le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Maurice, le Dr Abdou Salam Gueye, a souligné que la prévention des risques liés aux pesticides doit aller au-delà du contrôle des résidus. Selon lui, il est nécessaire de réduire le recours aux produits les plus dangereux, de mieux protéger les planteurs et de multiplier les analyses. Cette déclaration fait suite à la publication du rapport 2026 du ministère de l'Agro-industrie, qui a relevé six échantillons de fruits et légumes dont les concentrations en pesticides dépassent les limites maximales de résidus autorisées.

Le rapport du ministère de l'Agro-industrie a révélé que les produits concernés sont des piments de Calodyne, de Morcellement Saint-André et de Triolet, un ananas de Caroline, du lalo de Quatre-Bornes et du chou de Vacoas. Trois échantillons présentent à la fois un dépassement de la limite autorisée pour une substance et de la cyperméthrine, dont l'utilisation n'est pas recommandée pour les cultures concernées. Le Dr Gueye a insisté sur la nécessité d'une réglementation rigoureuse pour encadrer l'utilisation des pesticides les plus dangereux.

L'OMS préconise l'élimination des pesticides les plus dangereux, classés dans les catégories Ia et Ib selon leur toxicité aiguë. Le Dr Gueye recommande également l'agroécologie et des solutions comme les barrières physiques, les phéromones et les rotations culturales avant de recourir aux pesticides. À Maurice, le climat chaud et humide favorise le développement des insectes et des champignons, ce qui peut expliquer un taux d'utilisation des pesticides élevé.

La prévention ne concerne pas uniquement les consommateurs, mais également les planteurs et les autres applicateurs de pesticides. Le Dr Gueye insiste sur la nécessité de mieux protéger ces personnes, notamment par le port d'équipements adaptés. Il est également important d'évaluer l'efficacité des formations destinées aux agriculteurs pour s'assurer que les recommandations sont appliquées sur le terrain.

Le Dr Gueye souligne l'intérêt de croiser les données du registre des cancers avec des informations géographiques sur les lieux de résidence et de travail des personnes concernées pour mieux documenter les effets potentiels des pesticides. Il met toutefois en garde contre les conclusions hâtives, rappelant qu'une association entre deux phénomènes ne signifie pas nécessairement qu'il existe un lien de causalité.

Quatre nouveaux règlements d'application du Use of Pesticides Act 2018 sont en cours de finalisation pour renforcer le contrôle de l'utilisation des pesticides et des résidus dans les produits agricoles. Les textes prévoient de fixer les limites maximales de résidus pour les fruits et légumes locaux et importés, de préciser les méthodes de prélèvement et d'acheminer les échantillons vers les laboratoires.

Les nouveaux règlements devraient également encadrer la préparation, le dosage et l'application des pesticides, ainsi que la gestion des contenants vides. Le Dr Sookar, Deputy Director, Agricultural Services au ministère de l'Agro-industrie, explique que les planteurs recevront des informations précises sur les produits à utiliser et les quantités maximales autorisées pour chaque type de fruit et légume.

Key points

  • L'OMS recommande une utilisation plus raisonnée des pesticides à Maurice
  • Le contrôle des résidus ne suffit pas pour prévenir les risques liés aux pesticides
  • De nouveaux règlements sont en cours de finalisation pour renforcer le contrôle de l'utilisation des pesticides à Maurice

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.