À l'approche de la fête de l'indépendance de la Guinée le 2 octobre, le politologue Joachim Baba Millimouno a publié un article dans lequel il évoque l'importance de la salubrité publique. Selon lui, une nation indépendante se mesure non seulement à sa souveraineté et à sa fierté nationale, mais également à la manière dont ses citoyens habitent leur cadre de vie. Il a souligné que l'accumulation des déchets n'est pas un simple problème d'esthétique, mais un danger de mort.
Le drame de la décharge de Dar-es-Salam, qui a eu lieu il y a quelques semaines, a rappelé la vérité brutale de l'accumulation des déchets. Les images de tricycle surchargés garés sur les trottoirs, de tas d'immondices au pied des poteaux et des commerces, et de caniveaux obstrués par des bouteilles plastiques ne sont pas une fatalité, mais le résultat de milliers de gestes quotidiens que les citoyens ont cessé de questionner. M. Millimouno a rappelé que la science politique enseigne qu'aucune politique publique ne survit à l'indifférence des citoyens.
Le politologue a suggéré que l'Assemblée nationale vote une loi portant criminalisation du jet d'ordures dans les caniveaux et les espaces non autorisés. Il propose également que chaque citoyen s'abonne à une PME de collecte, que les autorités subventionnent directement ces entreprises, et que soient construites des unités de transformation des déchets. Selon lui, c'est en agissant à la fois sur les comportements, sur le service de collecte et sur le traitement final que la Guinée rompra durablement le cycle de l'insalubrité.
M. Millimouno a souligné que jeter des déchets dans les caniveaux et les espaces non autorisés ne peut plus être toléré comme un simple manque de civisme. Il faut un cadre légal clair, avec des sanctions graduées, connues de tous et réellement appliquées. Une loi dissuasive n'est pas une punition, mais une protection pour la vie de chacun. Il a également proposé que chaque ménage, chaque commerce, chaque établissement adhère à un service de pré-collecte.
Le politologue a invité les autorités à subventionner directement les entreprises de collecte, de ramassage et de tri. Sans équipements, sans carburant, sans accès à des sites de dépôt accessibles, ces entreprises ne peuvent tenir la cadence, et les tas se forment. Investir dans la chaîne de collecte, c'est investir dans la santé publique et dans l'emploi des jeunes.
M. Millimouno a également souligné que le nouveau site de Baritodé, en cours d'aménagement pour accueillir les déchets de Dar-es-Salam et d'autres sites de Conakry, offre une opportunité historique. Il faut que ce site accueille des unités de tri, de recyclage, de valorisation organique et énergétique. Bien gérés, les déchets créent des emplois, du compost, de la matière première.
Enfin, le politologue a lancé un appel à l'action aux citoyens guinéens. Chacun peut commencer aujourd'hui à prendre des gestes responsables pour améliorer la salubrité publique. Il faut séparer ses déchets, ne plus rien jeter dans les caniveaux, s'abonner à un service de collecte, alerter le quartier et la mairie sur les dépôts sauvages, refuser de construire là où l'eau doit passer.
Key points
- Le politologue propose une loi pour criminaliser le jet d'ordures dans les caniveaux et les espaces non autorisés
- Il suggère également que les autorités subventionnent directement les PME de collecte
- Le nouveau site de Baritodé doit accueillir des unités de tri, de recyclage et de valorisation des déchets