Trois affaires, trois quartiers, un même mode opératoire : la résolution rapide des conflits par la violence. C'est le constat dressé mercredi 28 octobre 2026 par le Contrôleur Général Youssouf Koné, Directeur Général de la Police Nationale, lors d'un point de presse à la Direction Générale à Bamako.
La première affaire est celle de Broulaye Doumbia, 23 ans, promoteur d'un salon de coiffure à Sébénikoro. Le 14 octobre, vers 4 heures du matin, son corps sans vie a été découvert dans un caniveau derrière un restaurant à l'ACI 2000. Les investigations menées par le 14e arrondissement ont permis d'interpeller six personnes, dont le principal suspect, un militaire radié de 21 ans.
La deuxième affaire concerne Moctar Fofana, 53 ans, boutiquier à Djélibougou. Le 18 octobre, vers midi, le commissariat de Boulkassoumbougou est intervenu après la découverte de son corps dans l'antichambre de sa boutique. Le 20 octobre, un jeune étudiant de 18 ans a été interpellé et placé en détention.
La troisième affaire, la plus médiatisée sur les réseaux sociaux, est celle de Boubacar Ly, 23 ans, commerçant domicilié à Lafiabougou. Porté disparu le vendredi 23 octobre 2026 à 19 heures, son corps a été retrouvé le samedi 24 octobre à Sébénikoro, en Commune IV. C'est l'exploitation d'un avis de disparition largement relayé sur les réseaux sociaux qui a permis aux commissariats de Sébénikoro et de l'ACI 2000 d'interpeller, le 26 octobre vers 21 heures, cinq jeunes.
Selon l'enquête, après le meurtre, le suspect aurait tenté de faire disparaître le corps en le dissimulant dans un tas d'ordures incendié. Le mobile serait d'ordre financier : un différend portant sur la vente d'un véhicule d'une valeur de 30 millions de FCFA, avec un reliquat impayé de 10 millions de FCFA sur lequel les parties ne s'accordaient pas.
Le Contrôleur Général Koné a attribué l'efficacité des enquêtes à l'impulsion du ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Général de Division Daoud Ali Mohammedine, et a réaffirmé la détermination de ses services à poursuivre la lutte contre la criminalité, en s'appuyant sur la coopération internationale, notamment via Interpol, et sur la collaboration de la population.
Ces trois homicides ne sont pas des cas isolés. Ils s'inscrivent dans une série de faits divers qui ont marqué la capitale ces derniers mois. La tranche 18-30 ans concentre l'écrasante majorité des victimes et des auteurs présumés de violences mortelles enregistrées à Bamako en 2026.
Key points
- Les principaux suspects ont été interpellés par la police.
- Les trois affaires ont un point commun : l'âge des protagonistes, principalement des jeunes.
- La police évoque une violence juvénile de plus en plus présente à Bamako.