La relation Algérie-France s'est invitée dans le débat de la primaire socialiste pour la présidentielle de 2027. Dimanche, Raphaël Glucksmann a cité l'Algérie parmi les ratés de la politique étrangère d'Emmanuel Macron. Ce lundi, Ségolène Royal a rejeté les procès qui sont faits à l'Algérie.
La primaire de la gauche “socialiste et démocratique” est prévue le 9 octobre avec cinq candidats en lice, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel. Dimanche soir, les cinq prétendants se sont affrontés lors du dernier débat télévisé de la primaire socialiste du 9 octobre.
Dressant le bilan de la politique étrangère d'Emmanuel, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a évoqué la crise avec l'Algérie. “Il faut regarder vers le Sud. On a parlé d'énergie, pourquoi ne parle-t-on pas davantage avec l'Algérie ?”, s'est interrogé Olivier Faure.
Ségolène Royal, présidente de l'Association France-Algérie (AFA), a été interrogée sur le sujet lundi matin sur France Inter. Elle a refusé de qualifier l'Algérie de “régime autoritaire”, malgré l'insistance du journaliste. “Ce n'est pas à moi de qualifier politiquement un pays (…) Non, je ne peux pas dire. C'est au peuple algérien de se définir”, a-t-elle répondu.
La candidate à la présidentielle de 2007 a conseillé de regarder plutôt “ce qui se passe en France”. “C'est pas un régime autoritaire de mettre des menottes à des gamins de 14 ans ? (…) Je dis attention à la visibilité de ce qui se passe dans certains pays”, explique-t-elle, qualifiant plus loin de “barbare ce qu'on voit dans les rues de Paris”.
L'animateur de l'émission insiste sur cette qualification de l'Algérie de “régime autoritaire”, évoquant notamment la détention de Boualem Sansal et de Christophe Gleizes, mais Ségolène Royal s'est montrée imperturbable : “Non, je ne peux pas le dire. Je pense en effet qu'il y a un certain nombre de problèmes, mais la France n'a pas un certain nombre de problèmes ? Elle détient l'agent consulaire algérien aussi, Vous croyez que c'est malin, ça ?”.
La présidente de l'AFA a avancé un autre argument pour tordre le cou aux accusations contre l'Algérie. “Si l'Algérie était ce que vous dites, vous croyez que le Pape serait allé en Algérie ?”, interroge-t-elle, ajoutant que, il y a huit jours, des ministres de l'Energie de pays européens étaient à Alger pour signer un accord sur l'hydrogène vert.
Key points
- Ségolène Royal a rejeté les procès faits à l'Algérie.
- Elle a refusé de qualifier l'Algérie de régime autoritaire.
- La candidate a conseillé de regarder ce qui se passe en France.