La rentrée scolaire 2026-2027 au Guinea approche à grands pas, mais un désaccord profond oppose le gouvernement aux syndicats de l'éducation. Les syndicats, regroupés au sein de l'Intersyndicale de l'éducation, menacent de perturber la reprise des cours si le gouvernement ne revient pas sur ses dispositions concernant le recrutement des enseignants contractuels communautaires. Le gouvernement, quant à lui, affiche sa fermeté et entend appliquer à la lettre le protocole d'accord signé le 3 janvier 2026.

Le cœur du désaccord réside dans l'interprétation de l'article 7 du protocole d'accord. Les syndicats estiment que les enseignants contractuels communautaires ayant obtenu la moyenne lors des évaluations pratiques de classe devraient être recrutés sans avoir à passer par un nouveau concours. Cependant, le gouvernement rejette cette lecture, affirmant que le protocole parle de priorité, pas d'intégration automatique. Selon des sources proches du dossier, le protocole prévoit que la situation des contractuels ayant participé aux évaluations pratiques soit examinée "en priorité lors du prochain engagement".

Le gouvernement a annoncé le recrutement de nouveaux enseignants, avec une première phase ouverte depuis le 21 septembre et qui doit se poursuivre jusqu'au 13 novembre 2026. L'Exécutif refuse de modifier les règles du recrutement public, estimant que l'État peut accorder une priorité aux contractuels concernés, conformément au protocole, mais ne saurait pour autant supprimer les procédures de recrutement prévues par les textes. Une source gouvernementale a résumé cette position avec fermeté : "Le concours aura bel et bien lieu".

Les syndicats dénoncent ce qu'ils considèrent comme une violation du protocole d'accord et estiment que le gouvernement revient sur un engagement qui devait permettre aux contractuels ayant déjà fait leurs preuves sur le terrain d'accéder à l'emploi public. Les responsables syndicaux ont publiquement menacé de reprendre la grève si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ils affirment notamment que les contractuels concernés ont déjà franchi plusieurs étapes, dont le recensement, la biométrie et l'évaluation pratique de classe.

Le gouvernement considère que la menace de grève à quelques jours de la rentrée est perçue comme une pression syndicale destinée à obtenir une interprétation extensive de l'accord. L'enjeu est également institutionnel, car accepter aujourd'hui une intégration directe sans concours pourrait créer un précédent dans la gestion des recrutements publics. Le gouvernement semble donc avoir choisi de ne pas céder sur ce principe.

Malgré ce désaccord, le gouvernement affirme qu'il n'entend ni renier le protocole du 3 janvier ni contourner les règles de recrutement dans la Fonction publique. Le dialogue reste officiellement ouvert, mais le rapport de force est engagé. Les syndicats veulent faire reconnaître leur lecture de l'article 7, tandis que le gouvernement entend faire respecter ce qu'il considère comme la lettre du protocole et maintenir le concours.

À moins de deux semaines de la rentrée, le véritable test sera désormais de savoir si les deux parties parviendront à trouver un compromis sans que les salles de classe ne deviennent le terrain d'un nouveau bras de fer social. Le compte à rebours est lancé, et chacun campe désormais sur sa position.

Key points

  • Le gouvernement du Guinea refuse de céder sur le principe du concours pour le recrutement des enseignants contractuels communautaires.
  • Les syndicats de l'éducation menacent de perturber la rentrée scolaire 2026-2027 si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
  • Le protocole d'accord signé le 3 janvier 2026 est au cœur du désaccord entre le gouvernement et les syndicats.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.