La justice gabonaise a entamé une nouvelle année judiciaire hier, sous l'autorité du président de la République et président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Brice Clotaire Oligui Nguema. L'objectif est double : améliorer les performances de l'institution tout en réaffirmant les exigences éthiques qui fondent l'office du juge. Cette rentrée judiciaire marque la clôture de l'année judiciaire 2025-2026 et l'ouverture de l'exercice 2026-2027.

La procureure générale près la Cour des comptes, Isabelle Rashiwa-Mathé, a souligné que la recherche de performance ne saurait se réduire à une course aux statistiques. Elle a appelé à évaluer la capacité des magistrats à rendre une justice efficace, crédible et accessible. Selon elle, l'absence d'outils de pilotage adaptés peut dégrader la performance globale des juridictions.

Les chiffres présentés lors de cette rentrée traduisent une activité judiciaire en nette progression. Depuis octobre 2025, les cinq juridictions ont enregistré 44 600 nouvelles procédures, contre 27 605 l'année précédente, soit une hausse de 61,48 %. Au 30 juin 2026, 53 149 affaires étaient pendantes, tandis que 36 670 avaient été traitées, contre 26 118 un an plus tôt.

Pamphile Moussavou Ibouanga, premier président de la Cour des comptes, a relevé que ces données ne doivent toutefois pas masquer l'essentiel. Il a appelé à faire de cette nouvelle année judiciaire celle de la restauration éthique et déontologique de la fonction juridictionnelle. S'appuyant sur les conclusions du dernier Conseil de discipline et du CSM, il a appelé le corps judiciaire à réaffirmer la primauté du droit.

Le président de céans a souligné que la justice ne saurait se limiter aux données statistiques. Il a appelé à une exigence de rigueur dans l'exercice et de confiance retrouvée des justiciables et du peuple gabonais. Cette exigence vaut également pour ceux qui rendent la justice, qui doivent accompagner chaque décision d'intégrité, d'impartialité, de probité, de dignité et d'indépendance.

La confiance des justiciables ne pouvant être appréciée au seul regard des résultats, mais aussi à l'aune du droit, de la procédure et des garanties entourant l'office du juge. Le magistrat doit exercer son office à l'abri de toute pression, de tout favoritisme et de tout arrangement intéressé.

La rentrée judiciaire s'ouvre dans un contexte de Ve République, avec l'objectif de restaurer la confiance des justiciables et du peuple gabonais. Le président de la République a fixé le cap pour cette nouvelle année judiciaire, qui doit être celle du retour aux exigences de notre serment.

Key points

  • La justice gabonaise ouvre une nouvelle année judiciaire avec l'objectif d'améliorer son efficacité tout en réaffirmant les exigences éthiques.
  • Les chiffres présentés lors de cette rentrée traduisent une activité judiciaire en nette progression, avec 44 600 nouvelles procédures enregistrées depuis octobre 2025.
  • Le président de céans a appelé le corps judiciaire à réaffirmer la primauté du droit, l'intégrité, l'impartialité, la probité, la dignité et la loyauté.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.