La septième édition du festival « Regards de Femmes » a débuté samedi soir à Nabeul et Hammamet, en Tunisie. Le festival, qui se poursuit jusqu'au 7 octobre, est consacré à la création cinématographique féminine arabe. Cette édition propose une programmation variée de courts métrages expérimentaux, documentaires et de fiction, réalisés par des femmes et abordant des thèmes tels que la maternité, la nature, la patrie et l'identité.

Le court métrage documentaire expérimental « Merveille de la vie », de la réalisatrice palestinienne Sabrine Khoury, a ouvert la manifestation. Ce film explore la maternité à travers l'expérience de la réalisatrice, enceinte et en exil, en s'intéressant aux transformations de son corps ainsi qu'aux interrogations suscitées par la maternité dans un contexte d'exil. Le film met en lumière la complexité de l'expérience de la mère palestinienne.

Lors de l'ouverture, la fondatrice du festival, Manal Souissi, a estimé que l'espoir demeurait présent malgré les guerres et les crises, le qualifiant de « forme de résistance et de résilience ». Le festival se veut également un espace de découverte, d'expérimentation et d'étonnement, a-t-elle ajouté. La soirée inaugurale a également rendu hommage à la réalisatrice libanaise Heiny Srour, invitée d'honneur et cinéaste associée à cette septième édition.

Heiny Srour a indiqué que son documentaire « Le Cheikh chanteur », consacré au chanteur et militant égyptien Cheikh Imam, lui avait coûté cher professionnellement. Elle a affirmé avoir été placée sur une liste noire après les critiques formulées dans le film à l'encontre des « barons du pétrole ». Ce documentaire constitue notamment un témoignage d'archives sur la vie de Cheikh Imam, figure emblématique de la chanson engagée en Egypte.

La septième édition met en compétition 19 films dans la compétition officielle, sous la présidence du réalisateur égyptien Yousry Nasrallah. Le jury comprend également les Tunisiens Souheir Ben Amara et Ghanem Zrelli, ainsi que la réalisatrice marocaine Khawla Asbab Ben Omar et la Libyenne Jihan Al-Keikhia. Au total, 19 réalisatrices arabes de Tunisie, d'Algérie, du Maroc, de Libye, de Palestine, d'Egypte, de Jordanie, de Syrie et du Liban participent à la compétition.

La Tunisie est représentée par trois films : le documentaire « Les tomates maudites » de Marwa Taïba, ainsi que les fictions « Saloupet » de Ferial Ben Boubaker et « Ephémère » de Sarah Ben Ammar. L'Algérie présente « Au-delà de la mer » d'Inès Dhaïf, « Voix » de Sirine Achir et « Les gardiennes de nuit » de Nina Khadda. Le Maroc participe avec quatre films, notamment « Tu nages » de Lylian Rahal et « Jardins du paradis » de Sonia Trabelsi.

Le festival Regards de Femmes offre une visibilité accrue aux femmes cinéastes et leur permet d'investir l'espace public dans un domaine artistique où la présence masculine demeure importante. Les films sélectionnés abordent des thèmes variés et offrent une diversité de regards sur le monde arabe. Le festival se poursuit jusqu'au 7 octobre.

Key points

  • 19 films de réalisatrices arabes sont en compétition au festival Regards de Femmes.
  • Le festival Regards de Femmes se poursuit jusqu'au 7 octobre à Nabeul et Hammamet.
  • La Tunisie est représentée par trois films dans la compétition officielle.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.