Le président américain Donald Trump a déclaré devant l'Assemblée générale des Nations unies que son administration avait contribué à régler le conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Cependant, la réalité sur le terrain est loin de cette affirmation. La crise sécuritaire dans l'est de la RDC continue de s'aggraver, avec des affrontements et des tensions entre Kinshasa et Kigali. Les populations civiles sont confrontées à des déplacements, à l'insécurité et à des conséquences humanitaires.
La déclaration de Donald Trump intervient dans un contexte où la situation sécuritaire dans l'est de la RDC demeure particulièrement fragile. Les démarches diplomatiques conduites sous l'impulsion de Washington ont permis de rapprocher Kinshasa et Kigali et d'aboutir à la signature d'un accord de paix. Cependant, la conclusion d'un texte diplomatique ne signifie pas, à elle seule, la fin des hostilités sur le terrain. Le décalage entre le langage diplomatique de Washington et la réalité sécuritaire dans l'est congolais nourrit aujourd'hui les interrogations.
Devant les dirigeants du monde réunis à New York, Donald Trump a cité la RDC et le Rwanda parmi plusieurs dossiers internationaux qu'il présente comme des conflits sur lesquels son administration a obtenu des résultats diplomatiques. Le président américain inscrit ainsi la crise des Grands Lacs dans une séquence plus large de succès diplomatiques revendiqués par son administration. Il a également rapporté les propos du président rwandais Paul Kagame pour illustrer son rôle dans cette séquence diplomatique.
Le problème est que la paix ne se décrète pas depuis une tribune internationale. Elle se mesure aussi à la situation des populations, au déplacement des lignes de front et à la capacité des parties à faire respecter les engagements pris. Dans l'est de la RDC, la situation demeure marquée par la présence de l'AFC/M23 et par les combats opposant ce mouvement aux forces armées congolaises. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le mouvement rebelle et de contribuer à l'occupation de plusieurs territoires congolais.
Le Rwanda rejette régulièrement ces accusations et justifie sa position par des considérations liées à sa sécurité nationale. Cette confrontation de récits constitue précisément l'un des obstacles à une lecture simple de la situation. D'un côté, Washington met en avant les avancées diplomatiques. De l'autre, Kinshasa continue de faire face à une réalité militaire et humanitaire qui n'a pas disparu avec la signature des accords.
L'accord obtenu sous médiation américaine constitue certes une étape importante dans le processus diplomatique entre Kinshasa et Kigali. Mais son existence ne suffit pas à établir que la guerre a pris fin. C'est là que réside le paradoxe de la déclaration de Donald Trump. Le président américain parle déjà de conflit « réglé », alors que la question essentielle reste celle de la traduction concrète des engagements diplomatiques sur le terrain.
Dans les Grands Lacs, l'histoire récente a montré que les accords de paix peuvent être nombreux sans que les armes se taisent durablement. Les textes diplomatiques peuvent fixer des principes, établir des mécanismes de vérification et prévoir des engagements politiques. Mais pour les populations de l'est de la RDC, la distinction entre un accord signé et une paix effective est loin d'être théorique. Les déplacements de population, l'insécurité, les affrontements et la perte de contrôle de certaines zones rappellent que la question fondamentale reste celle de la sécurité quotidienne des civils.
Key points
- La déclaration de Donald Trump sur le règlement du conflit RDC-Rwanda est contredite par la réalité sur le terrain.
- La situation sécuritaire dans l'est de la RDC demeure fragile malgré les avancées diplomatiques.
- La paix diplomatique doit encore devenir une réalité territoriale pour les populations de l'est de la RDC.