La 10ᵉ édition de l'Alternative Mining Indaba a débuté mercredi 28 octobre 2026 à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Cette rencontre de trois jours réunit une centaine de participants, en majorité des acteurs de la société civile congolaise, des représentants des communautés locales et des partenaires diplomatiques. L'objectif principal de cette édition est d'évaluer les accords conclus par la RDC avec ses partenaires étrangers sur les minerais stratégiques, indispensables notamment aux industries de la transition énergétique.

Le docteur Claude Kabemba, directeur de Southern Africa Resource Watch (SARW), a appelé à une évaluation approfondie des accords conclus par la RDC avec ses partenaires étrangers. Selon lui, les ressources minières de la RDC doivent profiter à son peuple, rappelant la place du pays dans la production mondiale de cobalt et dans la production africaine de cuivre. Il a souligné que la persistance de la pauvreté dans un pays doté d’importantes ressources naturelles constitue une contradiction qui doit interpeller les décideurs publics et les citoyens.

Claude Kabemba estime que l’exploitation des ressources naturelles doit contribuer au développement des industries locales, au financement des écoles, à la protection de l’environnement et à l’amélioration des conditions de vie des populations. Il a insisté sur la nécessité de placer les besoins humains au centre des politiques de développement du secteur minier. Le directeur de SARW a notamment évoqué le partenariat entre la RDC et l’Union européenne sur les matières premières durables, le corridor de Lobito, les accords sino-congolais ainsi que l’accord conclu plus récemment entre Kinshasa et Washington.

Le gouvernement insiste sur la souveraineté et la transformation locale. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est exprimé à travers son conseiller, Franck Fwamba. Le message transmis met l’accent sur la capacité de la RDC à définir sa propre stratégie de développement, dans le respect de sa souveraineté. Le gouvernement a réaffirmé l’importance d’une société civile libre, en mesure de contribuer à l’amélioration de l’action publique et au suivi des engagements pris dans le secteur extractif.

La responsabilité minière ne s’arrête pas aux accords, elle touche aussi à l’après-mines, a souligné le représentant du ministre. L’exploitation des ressources minières doit contribuer à la réduction de la pauvreté et préparer les bases d’un développement durable. La transformation locale et la participation des communautés aux bénéfices de l’activité minière figurent parmi les priorités évoquées. Franck Fwamba a appelé à faire de cette édition un espace de dialogue franc, capable de déboucher sur des recommandations concrètes et quantifiables à court, moyen et long terme.

Les participants à cette édition viennent de différentes provinces de la RDC, notamment de Kinshasa, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Haut-Lomami et de l’espace Kasaï. Les échanges porteront sur les opportunités offertes par les accords internationaux, les défis liés à leur mise en œuvre et les perspectives permettant d’en améliorer les retombées économiques et sociales. L’enjeu sera notamment de déterminer dans quelle mesure ces partenariats peuvent favoriser la mobilisation des recettes publiques, la création de valeur ajoutée sur le territoire national, la protection de l’environnement et l’amélioration des conditions de vie des communautés riveraines.

Les discussions devront contribuer à préciser les mécanismes de suivi, de transparence et de redevabilité nécessaires pour que les ressources stratégiques de la RDC participent effectivement au développement du pays. Selon Claude Kabemba, l’objectif de cette rencontre n’est ni de rejeter systématiquement les partenariats étrangers ni de les accepter sans examen, mais d’en évaluer les avantages, les limites et les effets sur le développement national. Il a plaidé pour une répartition plus équitable des revenus miniers et pour une politique permettant à la RDC de transformer davantage ses ressources sur place, tout en favorisant le développement de ses territoires.

Key points

  • La 10ᵉ édition de l'Alternative Mining Indaba se concentre sur l'évaluation des accords conclus par la RDC sur les minerais stratégiques.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.