Le Parlement des étudiants de la République démocratique du Congo a ouvert mardi à Kinshasa une plénière extraordinaire consacrée à la conscience historique, à la justice, à la mémoire et à la paix. Cette rencontre a pour thème « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité ». L'objectif est de regarder les trois dernières décennies de conflits en face, sans en faire un procès politique, afin de tirer les leçons de l’histoire et d’éviter que les générations futures connaissent une nouvelle décennie de guerre.

Selon André Kakubu, président du Parlement des étudiants, cette plénière vise également à favoriser la recevabilité, le contrôle citoyen et le dialogue entre le gouvernement, l’opposition, les intellectuels et la société civile. Les participants ont été invités à placer les victimes au centre des réflexions, en recherchant la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition. Cela devrait contribuer à l’émergence d’une mémoire commune et à une réflexion sur l’avenir de la RDC.

L’écrivain Didier Mumengi a évoqué la figure de George Washington Williams, présenté comme l’un des premiers témoins internationaux à avoir dénoncé les violences commises au Congo sous le règne de Léopold II. Dans ses lettres de 1890, Williams dénonçait les massacres, les razzias, l’exploitation et les brutalités infligées aux populations congolaises, allant jusqu’à parler de crimes contre l’humanité et à réclamer une enquête internationale.

M. Mumengi a établi un lien entre l’effacement de cette histoire et certaines difficultés actuelles de la société congolaise. Il estime que les violences historiques et les traumatismes non traités peuvent laisser des séquelles durables dans la société. Pour lui, une meilleure connaissance et transmission de l’histoire congolaise sont des conditions essentielles de la reconstruction de l’identité nationale.

Pour un « procès expiatoire » de la conscience nationale, Didier Mumengi a proposé l’organisation d’un « procès expiatoire » autour des massacres commis en RDC. Ce procès ne serait pas un tribunal de vengeance, mais un moyen de réappropriation de l’histoire. Il s’agirait d’un rituel cathartique de réappropriation historique autodéterminée.

Les discussions lors de cette plénière devraient permettre de mieux comprendre les enjeux liés à la mémoire et à la justice en RDC. La rencontre a également pour but de favoriser un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes. Cela pourrait contribuer à une réflexion plus approfondie sur l’avenir du pays.

La plénière du Parlement des étudiants s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur l’histoire et l’avenir de la RDC. Elle fait suite à d’autres initiatives visant à renforcer la conscience historique et la paix dans le pays. Le président du Parlement des étudiants a souligné l'importance de tirer les leçons du passé pour construire un avenir meilleur.

Key points

  • Le Parlement des étudiants de la RDC ouvre une plénière extraordinaire sur 30 ans de guerre et d'impunité.
  • La plénière vise à favoriser la recevabilité, le contrôle citoyen et le dialogue entre les parties prenantes.
  • Les discussions devraient permettre de mieux comprendre les enjeux liés à la mémoire et à la justice en RDC.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.