La crise des déplacements forcés a été au cœur de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies. La Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a réaffirmé l'attachement de la République démocratique du Congo aux principes de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Elle a souligné que la RDC n'est pas uniquement un pays d'origine de réfugiés, mais également une terre d'accueil pour des populations ayant fui les violences dans plusieurs États voisins.
Les chiffres disponibles auprès du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés donnent la mesure du phénomène. À la fin du mois d'août, environ 1,3 million de Congolais étaient réfugiés ou demandeurs d'asile dans les pays voisins. Parallèlement, la RDC accueille elle-même plus de 517 000 réfugiés et demandeurs d'asile, principalement originaires de la République centrafricaine, du Rwanda, du Burundi et du Soudan du Sud.
Cette double réalité place Kinshasa devant une équation humanitaire particulièrement lourde. Le pays doit répondre aux besoins de ses propres citoyens déplacés tout en continuant à assurer la protection de populations venues chercher refuge sur son territoire. Le HCR estime par ailleurs à plusieurs millions le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de la RDC, avec une concentration particulièrement forte dans les provinces orientales.
Dans l'est congolais, les déplacements restent étroitement liés à l'insécurité et à la persistance des violences. Le dernier point régional du HCR, consacré à la situation d'août 2026, fait état d'environ 1,3 million de réfugiés et demandeurs d'asile congolais présents dans les pays voisins. L'agence onusienne souligne que les violences continuent de provoquer des mouvements de population et d'accroître les besoins de protection.
C'est dans ce contexte que Judith Suminwa a plaidé pour une mobilisation internationale plus importante. Pour Kinshasa, l'aide humanitaire demeure indispensable, mais elle ne peut constituer à elle seule une réponse durable à une crise alimentée par les conflits et l'instabilité. La Première ministre défend ainsi une approche articulant l'urgence humanitaire, le développement et la consolidation de la paix.
La situation humanitaire est d'autant plus délicate que la RDC doit également faire face à une importante épidémie d'Ebola liée au virus Bundibugyo. L'Organisation mondiale de la santé indique que l'épidémie s'est progressivement étendue à plusieurs provinces et que les déplacements de populations, l'insécurité et les difficultés d'accès aux zones touchées compliquent la riposte.
Au 20 septembre, selon le dernier rapport hebdomadaire de l'OMS, 7 733 cas confirmés et 3 732 décès avaient été rapportés en RDC depuis le début de l'épidémie. Le gouvernement congolais et ses partenaires ont lancé début septembre un plan multisectoriel révisé de 180 jours destiné à renforcer la réponse à Ebola et à interrompre la transmission.
Key points
- La Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien aux populations contraintes de fuir leur domicile en RDC.