L'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a vivement critiqué la gestion de la crise politique et sécuritaire par le pouvoir en place. Dans une déclaration, il a reproché au président Félix Tshisekedi de fermer la porte aux différentes initiatives de dialogue destinées à ramener la paix. Selon M. Kabila, le dialogue n'est pas une option pour le président Tshisekedi, qui privilégie la soumission de ses adversaires plutôt que la recherche d'un compromis politique.
Joseph Kabila a déploré le rejet des initiatives de paix portées par plusieurs organisations régionales et internationales, dont la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et l'Union africaine. Il a également cité la démarche des confessions religieuses, notamment l'Église catholique, à travers la CENCO, et les Églises protestantes réunies au sein de l'ECC, en faveur de la paix et du vivre-ensemble.
D'après l'ancien chef de l'État, ces initiatives, qui auraient bénéficié du soutien d'une large partie de la population ainsi que de plusieurs acteurs politiques et sociaux, n'ont pas abouti. M. Kabila a dénoncé la stratégie du président Tshisekedi, qui, selon lui, ne cherche pas la solution, mais la soumission, sans discussion ni condition, de tous ceux qui ne partagent pas ses idées et ses méthodes.
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila a reproché aux autorités congolaises de poursuivre une stratégie militaire dont les résultats ne permettent pas d'entrevoir une issue favorable. Il a estimé que, malgré les revers enregistrés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur le terrain depuis l'arrivée de Félix Tshisekedi à la tête du pays, le gouvernement persiste dans une guerre qu'il ne disposerait ni de la volonté ni des moyens nécessaires pour gagner.
Joseph Kabila a considéré que cette orientation répondrait davantage à des intérêts politiques qu'à une véritable stratégie de résolution durable du conflit. Il a rappelé son adresse du 23 mai 2025, dans laquelle il avait formulé des recommandations et des avertissements qui, selon lui, n'ont pas été pris en considération par les dirigeants actuels.
L'ancien président a déploré l'absence de réorientation de l'action gouvernementale, qui a contribué à aggraver les difficultés du pays, sans qu'une perspective crédible d'amélioration ne se dessine. Il a également critiqué le fonctionnement des institutions et le comportement de certains responsables politiques, qui, selon lui, ne jouent pas pleinement leur rôle de contrôle et de défense de l'intérêt général.
Face à cette situation, Joseph Kabila a appelé les Congolais à faire preuve de responsabilité, de courage et d'attachement à la nation. Il a annoncé son intention de préciser prochainement les pistes qu'il estime nécessaires pour sortir le pays de la crise. L'ancien président a conclu par un appel à la protection divine, dans un contexte marqué par la persistance de l'insécurité dans l'est de la RDC, les tensions politiques et les divergences autour des mécanismes susceptibles de favoriser une sortie de crise.
Key points
- Joseph Kabila critique la gestion de la crise politique et sécuritaire par le pouvoir en place.
- L'ancien président déplore le rejet des initiatives de paix portées par plusieurs organisations régionales et internationales.
- Joseph Kabila appelle les Congolais à faire preuve de responsabilité, de courage et d'attachement à la nation.