La Chine a ouvert son marché aux produits congolais en supprimant les droits de douane, mais cela ne suffit pas pour que la République démocratique du Congo profite de cette opportunité. Selon Ahombo Liliane, directrice exécutive du Centre d'études stratégiques et de sécurité internationale (CESSI), les atouts agricoles du pays ne porteront leurs fruits que si le gouvernement investit dans les infrastructures, la sécurité et la commercialisation.

Le transport est l'un des principaux obstacles pour la RDC, qui est un pays de la taille d'un continent. Les circuits actuels ne correspondent pas à la géographie des bassins de production, ce qui rend difficile l'exportation des produits. Ahombo Liliane cite l'exemple du port de Matadi, qui est trop éloigné pour les agriculteurs basés à Aru, Beni ou Dungu. Elle plaide pour l'optimisation des corridors d'exportation et la baisse des coûts de transport.

La sécurité et la traçabilité sont également des impératifs pour la RDC. Ahombo Liliane estime que le pays doit rétablir la sécurité dans l'Est et renforcer les contrôles aux frontières pour protéger ses intérêts commerciaux. Elle alerte sur les produits congolais qui transitent illégalement par le Rwanda et recommande une offensive diplomatique et commerciale pour les faire reconnaître comme "produits du sang".

Pour profiter de l'ouverture du marché chinois, la RDC doit également répondre aux exigences de qualité et de conservation du commerce international. Ahombo Liliane recommande d'investir dans des laboratoires de certification aux normes internationales et dans la chaîne du froid, indispensable pour préserver les fruits notamment. Elle défend également le développement des coopératives agricoles pour augmenter les volumes et assurer une offre régulière.

L'accès au marché ne garantit pas l'écoulement des produits, et la RDC doit donc faire face à ces défis pour profiter de l'ouverture chinoise. Ahombo Liliane estime que la souveraineté logistique, la sécurité des frontières et la protection de l'identité commerciale des produits congolais doivent devenir des priorités nationales.

La bataille pour conquérir le marché chinois ne se jouera pas seulement sur les avantages tarifaires, mais sur les routes, les infrastructures et la capacité du pays à garantir l'origine et la qualité de ce qu'il vend. La RDC doit donc prendre des mesures pour améliorer ses infrastructures et sa sécurité pour profiter de cette opportunité.

En résumé, la RDC doit investir dans les infrastructures, la sécurité et la commercialisation pour profiter de l'ouverture du marché chinois. Le gouvernement doit prendre des mesures pour améliorer les corridors d'exportation, la traçabilité et la qualité des produits, ainsi que la sécurité des frontières.

Key points

  • La RDC doit investir dans les infrastructures, la sécurité et la commercialisation pour profiter de l'ouverture du marché chinois.
  • La sécurité et la traçabilité sont des impératifs pour la RDC pour protéger ses intérêts commerciaux.
  • La RDC doit répondre aux exigences de qualité et de conservation du commerce international pour profiter de l'ouverture chinoise.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.