La professeure Ahombo Liliane, docteure en sciences politiques et administratives, a plaidé pour une transformation profonde du secteur agricole congolais. Selon elle, la conquête du marché chinois ne se gagnera pas uniquement grâce à la suppression des droits de douane. Elle exige une transformation profonde du secteur agricole congolais, fondée sur le financement des producteurs, la formation des agronomes ruraux, la mécanisation et une meilleure organisation des espaces de production.

L'experte considère que l'ouverture du marché chinois représente une occasion de repenser les fondements de l'agriculture congolaise. Mais sans réformes structurelles, cette opportunité risque de rester concentrée entre les mains de quelques opérateurs, sans retombées significatives pour les producteurs locaux. L'un des premiers défis consiste à rompre avec une agriculture essentiellement traditionnelle et de subsistance.

La RDC doit organiser son potentiel agricole en fonction des spécificités de chaque territoire, en créant des zones de production adaptées aux ressources et aux avantages de chaque entité. Pour l'experte, il est nécessaire de mettre en place une planification territoriale stratégique, susceptible de mieux orienter les investissements et de structurer les filières agricoles.

L'accès au financement demeure un levier essentiel de cette transformation. Ahombo Liliane préconise la création d'une banque agricole proposant des crédits à faibles taux d'intérêt. Un tel mécanisme permettrait aux producteurs de financer leurs exploitations, d'acquérir des équipements et d'améliorer leurs capacités de production.

La transformation agricole passe également par le renforcement des compétences humaines. La directrice exécutive du Centre d'études stratégiques et de sécurité internationale (Cessi) plaide pour un encadrement technique permanent des producteurs, par la formation et le déploiement obligatoire d'agronomes ruraux sur le terrain. Elle recommande par ailleurs une réforme des programmes d'enseignement en agronomie.

L'experte considère l'inclusion des 145 territoires comme une condition fondamentale pour faire de l'agriculture un véritable instrument de développement national. Il est nécessaire que la relance agricole ne soit pas limitée à Kinshasa et à ses environs. L'ouverture du marché chinois doit profiter à l'ensemble du tissu agricole congolais, particulièrement aux petits producteurs.

La professeure Ahombo Liliane appelle Kinshasa à dépasser la seule satisfaction de voir ses produits accéder au marché chinois. L'enjeu est désormais de construire une agriculture suffisamment organisée, financée et productive pour transformer cette ouverture commerciale en richesse nationale, en emplois et en réduction durable de la pauvreté.

Key points

  • La création d'une banque agricole est nécessaire pour financer les producteurs locaux.
  • La mécanisation et la formation professionnelle sont essentielles pour améliorer la productivité agricole.
  • L'inclusion des 145 territoires est une condition fondamentale pour faire de l'agriculture un véritable instrument de développement national.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.