Dans un contexte de pression sur les marges et d'intensification de la concurrence, les entreprises marocaines sont contraintes de maîtriser leurs coûts logistiques pour rester compétitives. La logistique représente un poste de dépenses important et un levier de différenciation pour les entreprises. Au Maroc, le transport et la logistique représentent près de 10 % du produit intérieur brut, ce qui rend cet enjeu particulièrement stratégique. Le Royaume a engagé une transformation profonde de ses infrastructures pour accompagner le développement de ses plateformes portuaires, de ses réseaux de transport et de nouvelles zones logistiques.
Les infrastructures nationales ont montré leur capacité à accompagner des flux importants. En 2025, Tanger Med a traité 11,1 millions d'EVP, soit une progression de 8,4 % sur un an. La même année, l'ONCF a transporté plus de 23,2 millions de tonnes de marchandises, dont 39 % issues du trafic des phosphates. Ces volumes posent une question centrale : comment transformer cette montée en puissance en économies concrètes pour les chargeurs, les industriels et les distributeurs ? Les entreprises doivent désormais se concentrer sur l'optimisation de leurs flux, la limitation des ruptures de charge et la maîtrise des dépenses associées à chaque opération.
Le transport constitue l'un des premiers postes sur lesquels les entreprises peuvent agir pour réduire leurs coûts logistiques. L'objectif consiste à réduire le coût de chaque livraison sans compromettre la ponctualité ni la fiabilité des opérations. La démarche commence par une meilleure planification des trajets, une gestion plus rigoureuse des chargements et une utilisation optimale des capacités disponibles. Les retours à vide illustrent les marges de progression, car une partie du coût de déplacement ne génère aucune recette.
La recherche d'efficacité dans le transport se heurte toutefois à une contrainte persistante : la volatilité des prix du carburant. En mars 2026, face à la hausse des cours pétroliers internationaux, le gouvernement a réactivé un dispositif de soutien exceptionnel aux professionnels du transport routier. Les demandes étaient déposées sur une plateforme numérique dédiée, permettant aux transporteurs de suivre leurs dossiers en ligne. Cette intervention publique souligne la sensibilité du modèle économique du transport routier aux coûts énergétiques.
Le stockage, la manutention et la gestion des stocks peuvent peser lourdement sur la trésorerie des entreprises. Un stock excessif immobilise des ressources financières, mobilise des surfaces et multiplie les manipulations. À l'inverse, des réserves insuffisantes exposent les entreprises aux ruptures d'approvisionnement, aux arrêts de production et aux pertes commerciales. La recherche du juste équilibre passe par une meilleure connaissance des rotations, des délais d'approvisionnement et des fluctuations de la demande.
Les investissements engagés par les opérateurs marocains témoignent de l'évolution du secteur logistique. En décembre 2024, Buildings & Logistic Services (BLS) a inauguré Casa Hub, une plateforme logistique située dans la province de Médiouna, à Sidi Hajjaj. Le projet, représentant un investissement de 300 millions de dirhams, s'étend sur 51 500 m². En février 2025, le groupe a annoncé un programme d'investissement de 2,1 milliards de dirhams sur 2025 et 2026.
La localisation des entrepôts constitue un autre facteur déterminant pour les entreprises cherchant à optimiser leurs coûts logistiques. Une plateforme éloignée des axes de transport ou des marchés peut augmenter les coûts de livraison et réduire la compétitivité des entreprises. Les entreprises doivent prendre en compte ces facteurs pour choisir la localisation de leurs entrepôts et plateformes logistiques.
Key points
- - La maîtrise des coûts logistiques est un enjeu stratégique pour les entreprises marocaines. - Le transport et la logistique représentent près de 10 % du produit intérieur brut au Maroc. - Les entreprises doivent optimiser leurs flux, limiter les ruptures de charge et maîtriser les dépenses associées à chaque opération pour rester compétitives.