Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a récemment souligné l'importance de ne pas isoler le Mali, le Burkina Faso et le Niger lors de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Il a utilisé une métaphore pour expliquer la position de Lomé, comparant ces trois pays de l'Alliance des États du Sahel à une "digue contre l'extrémisme violent". Cette déclaration a été faite en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, où les questions de sécurité régionale sont au cœur des discussions.
La politique togolaise en faveur du Sahel n'est pas nouvelle. Dès septembre 2021, Lomé avait lancé sa première Stratégie pour le Sahel, reconnaissant que l'insécurité dans la région ne resterait pas confinée aux frontières des pays sahéliens. Cette stratégie visait à anticiper les conséquences de la montée du terrorisme et des crises politiques dans la région. Le bilan officiel présenté par Robert Dussey revendique une continuité avec cette politique et annonce une nouvelle stratégie pour la période 2026-2028.
La position du Togo a été maintenue même dans un contexte de tensions accrues avec une partie de la communauté régionale et internationale. Alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger étaient sous sanctions et condamnations, Lomé a choisi de maintenir le dialogue avec ces pays. Cette approche a été critiquée, mais elle reflète une volonté de comprendre les réalités géographiques et sécuritaires de la région.
La métaphore de la digue utilisée par Robert Dussey est éclairante. Elle rappelle que la sécurité des pays côtiers du golfe de Guinée est liée à celle des pays sahéliens. Les groupes armés et les trafics ne respectent pas les frontières administratives, et une digue peut protéger plusieurs villages situés en aval. Le Togo considère que soutenir la résistance du Mali, du Burkina Faso et du Niger participe également à la protection des pays côtiers.
Le ministre togolais a souligné que la sécurité de ces pays dépend aussi de la sécurité du Togo et des autres pays côtiers. Il a appelé à une solidarité régionale pour faire face aux défis sécuritaires. Cette approche implique que les pays de la région doivent travailler ensemble pour consolider la digue contre l'extrémisme violent.
La déclaration de Robert Dussey à New York prend une autre dimension dans le contexte actuel. Elle montre que le Togo est déterminé à maintenir sa politique de dialogue et de coopération avec les pays sahéliens, malgré les pressions extérieures. Cette position est fondée sur une compréhension réaliste des enjeux sécuritaires et géopolitiques de la région.
Le Togo entend ainsi maintenir les passerelles avec les pays sahéliens et promouvoir une solidarité régionale pour faire face aux défis à venir. La nouvelle stratégie togolaise pour le Sahel 2026-2028 visera à renforcer cette coopération et à promouvoir une approche globale de la sécurité dans la région.
Key points
- Le Togo appelle à ne pas isoler le Mali, le Burkina Faso et le Niger
- La politique togolaise en faveur du Sahel est fondée sur une compréhension réaliste des enjeux sécuritaires et géopolitiques de la région
- Le Togo promeut une solidarité régionale pour faire face aux défis sécuritaires dans la région.