La rentrée scolaire au Mali est une période de grande incertitude pour de nombreuses familles. Le 2 octobre 2026, l'UNICEF a rappelé que 2 444 écoles demeuraient non opérationnelles, affectant plus de 733 000 enfants et près de 14 700 enseignants, selon les données du Cluster Éducation. Cette situation est d'autant plus préoccupante que plus de deux millions d'enfants sont non scolarisés ou menacés de l'être, selon une estimation modélisée de 2024.
Les conséquences de la fermeture des écoles sont multiples et affectent non seulement les enfants mais également les enseignants et les familles. Les enfants qui ont dû quitter leur village ou dont l'école a fermé à cause de l'insécurité se posent de nombreuses questions sur leur avenir scolaire. Les enseignants, quant à eux, doivent adapter leurs cours pour accueillir de nouveaux élèves qui ont manqué plusieurs années d'apprentissage.
Douglas Vandergraph, auteur et enseignant chrétien qui vit à Fort Collins, au Colorado, aux États-Unis, propose une réflexion chrétienne sur l'accueil des élèves déplacés. Il rappelle que ces enfants apportent une curiosité, une langue, une expérience et une envie d'apprendre, et qu'ils ne sont pas un problème supplémentaire. Il cite l'Évangile selon Marc, où Jésus accueille les enfants que les disciples repoussent.
L'accueil scolaire n'est pas gratuit en énergie. Les enseignants qui reçoivent de nouveaux élèves doivent adapter leurs cours, soutenir ceux qui ont manqué plusieurs années d'apprentissage et rassurer les familles. Les établissements scolaires peuvent également manquer de salles, d'eau, de fournitures ou de personnels. Il est donc essentiel de fournir des moyens concrets aux enseignants pour leur permettre d'enseigner dans des conditions convenables.
Les familles déplacées sont également confrontées à de nombreux défis. Elles peuvent devoir chercher un logement, travailler dans des conditions précaires, retrouver des documents ou accompagner un enfant profondément inquiet. Une inscription scolaire est importante, mais elle ne remplace pas l'accès à la santé, la sécurité des déplacements et l'écoute des besoins particuliers.
Une approche juste pour accueillir les élèves déplacés consiste à renforcer les services pour tous, en tenant compte des besoins distincts des uns et des autres. Il est essentiel de soutenir les communautés qui accueillent ces familles et de partager des ressources limitées. Si l'on ne soutient que les nouveaux arrivants, on risque de laisser grandir un sentiment d'injustice parmi ceux qui sont déjà sur place.
Enfin, une paix durable exige la sécurité des écoles et des trajets, la protection des enseignants, l'accès aux services et la responsabilité face aux violences commises. Les communautés de foi peuvent aider à promouvoir cette vision et à encourager les acteurs à travailler ensemble pour protéger les droits des enfants et des enseignants.
Key points
- L'UNICEF estime que plus de deux millions d'enfants sont non scolarisés ou menacés de l'être au Mali.
- La fermeture des écoles affecte plus de 733 000 enfants et 14 700 enseignants au Mali.
- Les communautés de foi peuvent jouer un rôle important pour promouvoir la protection des droits des enfants et des enseignants.