La députée écologiste Sabrina Sebaihi a saisi par écrit la procureure de Paris pour un signalement sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale de faits susceptibles de recevoir une qualification pénale en raison de leur caractère antisémite. Cette décision fait suite aux révélations du site d'investigations Mediapart sur des propos tenus par Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN, extrême droite), entre 2013 et 2015.

Selon Mediapart, Jordan Bardella a écrit dans une conversation : « Toutes les banques sont détenues par des Juifs. (…) Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL (Bernard Henri-Lévy) ou (Jacques) Attali. Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sur Jérusalem comme capitale. » Le président du RN a contesté formellement ces propos et annoncé qu’il saisira la justice.

Dans sa saisine, la députée Sabrina Sebaihi relève que parmi les propos attribués à Jordan Bardella figurent des affirmations selon lesquelles « toutes les banques sont détenues par des Juifs », ainsi que d’autres propos prêtant aux personnes juives une volonté de domination politique, financière et internationale. L’article reproduit également des messages attribués à l’intéressé mettant en cause plusieurs personnalités publiques au regard de leur lien supposé avec Israël ou avec des intérêts bancaires.

Sabrina Sebaihi précise aussi que l’enquête de Mediapart fait état de plusieurs échanges dans lesquels M. Bardella aurait exprimé son adhésion à certaines thèses développées par Alain Soral, notamment celles relatives à une prétendue domination bancaire et politique imputée aux personnes juives ou au « sionisme ». La députée des Hauts-de-Seine a souligné que ces éléments, s’ils étaient authentifiés et si leurs circonstances précises de diffusion le permettaient, sont susceptibles d’appeler un examen au regard notamment des dispositions relatives à la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à raison de l’appartenance, réelle ou supposée, à une religion.

Pour la parlementaire, ces propos sont inacceptables et doivent faire l’objet d’une enquête approfondie. Elle a demandé à la justice d’enquêter sur ces faits et de prendre les mesures nécessaires pour protéger les communautés concernées. La saisine de la députée écologiste intervient à quelques mois de la présidentielle 2027, et alors que le RN est déjà sous le feu des critiques pour ses positions sur plusieurs sujets.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions accrues autour de la lutte contre l'antisémitisme et les discours de haine en France. Les propos attribués à Jordan Bardella ont suscité une vive réaction de la part de plusieurs personnalités politiques et de représentants des communautés juives. La justice devra désormais se prononcer sur la suite à donner à cette affaire.

L'affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer si les propos attribués à Jordan Bardella constituent des infractions pénales. La décision de la procureure de Paris sera attendue avec intérêt, alors que la classe politique française est de plus en plus sensible aux questions de lutte contre les discours de haine et de protection des communautés vulnérables.

Key points

  • La députée écologiste Sabrina Sebaihi a saisi la justice après les révélations de Mediapart sur des propos antisémites attribués à Jordan Bardella.
  • Les propos attribués à Jordan Bardella comprennent des affirmations antisémites, notamment sur la domination des Juifs dans les banques et leur volonté de domination politique et financière.
  • La justice devra déterminer si ces propos constituent des infractions pénales, notamment au regard des dispositions relatives à la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.