La Banque mondiale a publié ses prévisions pour 2027, annonçant une forte hausse des prix de l'énergie et des matières premières cette année, ainsi qu'une augmentation des prix des produits alimentaires en 2027. Selon ces prévisions, les prix de l'énergie et des engrais devraient bondir cette année de 32 % et de 14 % respectivement. Les prix des produits alimentaires, quant à eux, devraient augmenter en 2027 de 18 % par rapport à leur niveau de 2025.

Les prix sont portés par un épisode exceptionnel à venir du phénomène El Niño et évidemment le conflit du Moyen-Orient. La situation au Moyen-Orient a fait flamber les prix du pétrole et des produits énergétiques. La moyenne des prix du baril est passée de 69 dollars en 2025 à 91 dollars en 2026. Les prévisions de la Banque mondiale révèlent que les prix du pétrole et des produits énergétiques sont influencés par les événements géopolitiques.

Pour 2027, la Banque mondiale prévoit deux scénarios antagoniques concernant les prix du pétrole. Si la guerre en Iran ne reprend pas après les élections américaines du 3 novembre, le prix moyen du baril sera de 79 dollars en 2027. Dans le cas contraire, la moyenne s’élèverait à 105 dollars le baril. Ce qui ferait augmenter les prix des denrées alimentaires de 12 % supplémentaires par rapport au scénario médian.

La hausse des prix du pétrole devrait tirer la demande vers le bas, de 2,5 %, compensant en partie le recul des livraisons estimé à 5,2 %. Ce qui inquiète, c’est le risque pour la sécurité alimentaire mondiale induit par la hausse des prix des produits alimentaires. La Banque mondiale met en garde contre les conséquences de la hausse des prix sur la sécurité alimentaire mondiale.

Pour l’Algérie, l’aspect positif de ces bouleversements, c’est la perspective d’une hausse encore plus conséquente de ses recettes, qui ont déjà fortement rebondi cette année. Dans les neuf premiers mois de 2026, l’Algérie a engrangé 37,5 milliards de dollars de la vente de pétrole et de gaz. Le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab a révélé une hausse du prix moyen du pétrole brut algérien de 37 % par rapport à la même période de 2025.

Le renflouement des caisses cette année et très probablement en 2027 est une aubaine pour poursuivre avec une certaine aisance le financement des grands projets d’infrastructures et de la politique sociale de l’État. Cependant, l’Algérie devra faire face à la hausse des importations, notamment des produits alimentaires, qui constituent une partie importante de la facture des importations algériennes.

Le revers de la médaille, c’est la perspective de la poursuite de la hausse des produits alimentaires, qui tirerait vers le haut la facture des importations avec un effet mécanique sur la balance des paiements et les réserves de change. Les autorités algériennes font tout pour atténuer l’inflation, qui est en partie importée, comme l’a expliqué le président de la République Abdelmadjid Tebboune devant les opérateurs économiques le 14 octobre.

Key points

  • La Banque mondiale prévoit une forte hausse des prix de l'énergie et des matières premières cette année.
  • Les prix des produits alimentaires devraient augmenter en 2027 de 18 % par rapport à leur niveau de 2025.
  • L'Algérie devrait connaître une hausse de ses recettes grâce à la vente de pétrole et de gaz.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.