L'escalade des combats dans le sud-ouest du Yémen a provoqué un afflux massif de déplacés, avec plus de 100 000 Yéménites ayant dû fuir leur domicile ces derniers jours. Cette crise humanitaire, qui affecte déjà plus de 22 millions de personnes, suscite l'inquiétude des Nations unies. Les stocks d'aide sont épuisés, l'accès humanitaire est de plus en plus restreint et les services de santé sont en pleine dégradation.

Les populations civiles sont prises dans la spirale des violences, notamment sur la côte ouest et dans le sud de Taëz. De nombreuses familles ont dû abandonner leur domicile avec presque rien, certaines pour la deuxième ou troisième fois depuis le début du conflit. Les routes impraticables, les communications perturbées et les pénuries de carburant compliquent leur fuite et l'acheminement de l'aide.

Les organisations humanitaires s'efforcent de mettre les personnes déplacées à l'abri, de garantir leur accès aux soins et de maintenir les services essentiels. Abdusattor Esoev, chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations (Oim) au Yémen, souligne que les familles déplacées font face à un "choix impossible" : rester dans une zone dangereuse ou fuir vers l'inconnu.

Les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables dans cette crise. Près de 2 000 femmes enceintes figurent parmi les nouveaux déplacés, dont plus de 200 pourraient accoucher ce mois-ci, selon le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa). L'insécurité, les routes impraticables et la fermeture de structures médicales compromettent l'accès aux soins obstétricaux et néonatals essentiels.

Le système de santé yéménite, déjà fragilisé par des années de conflit, peine à faire face à la nouvelle escalade. Sur 5 415 structures évaluées par l'Organisation mondiale de la santé (Oms), 60 % seulement fonctionnent pleinement, 35 % partiellement et 4 % sont à l'arrêt. L'afflux de blessés et de personnes déplacées accroît encore la pression sur des établissements confrontés au manque de personnel, de médicaments, d'équipements et de financements.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (Hcdh) a recensé 110 victimes depuis le début de l'escalade, dont 28 morts. La crise déborde désormais les frontières du Yémen, avec près de 3 000 personnes ayant rejoint Djibouti en moins d'une semaine. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) demande 5,1 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats des nouveaux arrivants à Djibouti et 14 millions supplémentaires pour ses opérations au Yémen.

Les Nations unies réclament la libération immédiate et sans condition de 73 employés des Nations unies détenus, certains depuis 2021, auxquels s'ajoutent cinq anciens employés et des dizaines de collaborateurs d'Ong, d'organisations de la société civile et de missions diplomatiques. La communauté internationale est appelée à renforcer son soutien financier pour faire face à cette crise humanitaire qui continue de s'aggraver.

Key points

  • Plus de 100 000 Yéménites ont été déplacés en raison de l'escalade des combats.
  • La crise humanitaire au Yémen affecte déjà plus de 22 millions de personnes.
  • Les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables dans cette crise.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.